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 Affiches Russes, emprunt 5,5 % 1916

Les affiches de propagande canadiennes

Toute la guerre en affiches

David B. Milne, peintre, graveur et écrivain canadien

Peintures canadiennes et britanniques

Hi boy, enlist !

Les affiches canadiennes visaient certains groupes ethniques spécifiques. Il y avait spécialement des affiches destinées aux Canadiens français, aux Canadiens irlandais et aux Canadiens d'ascendance écossaise. La plupart de ces affiches incitaient les hommes à s'engager et le public à acheter des obligations de la Victoire.

Il n'y avait pas un organisme gouvernemental central responsable de la production de toutes les affiches de guerre pour la Première Guerre mondiale. En 1916, le gouvernement fédéral a créé le Service des affiches de guerre qui a produit certaines affiches en français et en anglais. Les affiches en français étaient souvent des versions traduites des originaux anglais. Certains citoyens et entreprises privées, bien intentionnés, ont produit leurs propres affiches pour contribuer à l'effort de guerre, et souvent chaque régiment publiait ses propres affiches de recrutement. La Commission canadienne du Ravitaillement s'est mise à publier des affiches vers la fin de la guerre pour inciter les citoyens à produire et à conserver la nourriture.

La production des affiches était généralement financée au niveau local, demandant aux hommes de s’enrôler dans le bataillon de leur secteur pour être en compagnie de gens de leur collectivité qu’ils connaissaient.

Des affiches lançaient un appel à divers groupes ethniques et religieux; elles encourageaient les hommes de descendances irlandaise et écossaise à se joindre à des bataillons composés de gens ayant les mêmes antécédents, comme au Scottish 236th Kilties Battalion ou au Sportsman’s Company of the Irish Canadian Rangers.

Les affiches lançaient aussi des appels aux Canadiens-français pour tenter de les encourager à participer, mais le recrutement au Québec a remporté moins de succès que dans le reste du pays. Durant la guerre, on a formé 257 bataillons d’infanterie à travers le Canada. L’Ontario en a fourni 95, l’Ouest, 87, et le Québec, 20. 

Les affiches s'adressant aux anglophones

Les affiches destinées aux anglophones font apparaître des références nationales claires, tel le slogan « Le sang britannique appelle le sang britannique » ou encore l’uniforme des grenadiers de la Garde. Le recours à l’Union Jack est fréquent : « Ceci est ton drapeau – Combat pour lui ». Il est souvent utilisé comme toile de fond des affiches.

En revanche, le drapeau britannique est - assez logiquement - absent des affiches s’efforçant de convaincre les Canadiens d’origine irlandaise ou écossaise, en raison d’un passif historique lourd et des sentiments a priori peu favorables nourris par ces derniers à l’égard des Anglais.

Pour les Irlandais, on utilise soit le symbole national, le trèfle (sur lequel se superpose une feuille d’érable), soit la carte de l’Irlande ; pour les Écossais, les « Kilties », le tartan tient lieu d’emblème.

Les affiches s'adressant aux francophones

Les affiches placardées à destination des Canadiens francophones obéissent aux mêmes règles. Les références à la France abondent. Elles peuvent prendre la forme du drapeau tricolore et du coq gaulois volant dans les plumes de l’aigle prussien, ou encore de l’uniforme du « poilu ». Sur ces affiches, sont mentionnés les noms « bien français » des officiers, appelés à commander les unités. L’intention est claire : les engagés resteront bien entre eux.

Le cas échéant, on n’hésite pas à exalter le passé militaire glorieux des Canadiens francophones, en rappelant par exemple le souvenir de Dollard des Ormeaux qui combattit les Iroquois en 1660.

Toutefois, quelques affiches – plus ambiguës – entendent mêler les références à la France et à l’Angleterre, voire mettre en avant la nécessité de défendre l’humanité, menacée par les Allemands. L’une d’elles exhorte à prendre les armes à la fois « Pour le roi, pour la patrie, pour la France ». Si le drapeau britannique apparaît, c’est à l’arrière plan, alors qu’au premier figure l’humanité assassinée. Cette affiche en appelle en même temps aux « Fils de Montcalm et de Chateauguay ». On trouve donc là un rappel des luttes contre les Anglais mais aussi d’un acte de loyauté à leur égard lorsque des Québécois s’opposèrent à une incursion américaine lors de la guerre de 1812-1814.

Affiches d'enrôlement

Durant les quatre années de la guerre, 628 000 Canadiens et Canadiennes allaient servir dans les forces armées. À la fin de la guerre, 66 573 avaient été tués et 138 166 avaient été blessés, soit un grand prix à payer compte tenu de la faible population du pays.

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 Es-tu un de ceux qui ont rejoint Kitchener ? 1914-1918

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 Canadiens français, venez avec nous dans le 150 è Bataillon CHR,

aider à la victoire du coq gaulois sur l'aigle prussien, 1915

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Cette affiche de recrutement pour le 199e bataillon outre-mer des Rangers canadiens irlandais montre un soldat qui sourit, avec des trèfles à la main, une casquette et un fusil, marchant sur un chemin de campagne en Irlande. L'insigne du bataillon et sa devise, Quis separabit, apparaissent dans l'angle supérieur gauche. Le nom du commandant, le lieutenant-colonel H.J. Trihey, et l'adresse du bureau de recrutement sont indiqués au bas de l'affiche.

Au début de la guerre, de nombreux immigrants irlandais vivant au Canada se portèrent volontaires pour servir aux côtés des forces armées canadiennes. Pour aider au recrutement, le gouvernement canadien établit ce bataillon constitué d'Irlandais uniquement. Basée à Montréal, l'unité commença à enrôler des volontaires pendant l'hiver 1915–1916. Également appelés Rangers irlandais de la duchesse de Connaught, d'après leur marraine royale, épouse du prince Arthur, duc de Connaught et gouverneur général du Canada, les Rangers partirent en bateau pour l'Europe en décembre 1916 et firent une tournée triomphale en Irlande, en janvier et février 1917.

Par la suite, les Canadiens d'origine irlandaise furent envoyés en France. Si le bataillon ne combattit jamais en tant qu'unité, ses hommes furent utilisés à la place pour remplacer les soldats tués ou blessés dans d'autres unités canadiennes se battant sur le front de l'Ouest.

Le 17 mai 1917, le bataillon fut incorporé au 23e bataillon de réserve du Corps expéditionnaire canadien.                                      

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 Tes camarades se battent. Pourquoi pas toi ? 1917

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 Suivrons-nous leur exemple ? 1915

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Affiche de Percy Erskine Nobbs 

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Affiche de Henri Eveleigh

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Affiche de Henri Eveleigh

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La Grande-Bretagne s'attend à ce que tous les fils d'Israël fassent leur devoir 

Cette affiche de recrutement de la Première Guerre mondiale, datant de 1918, visait à encourager les immigrants juifs au Canada à s'enrôler dans les forces armées canadiennes pour soutenir l'effort de guerre des Alliés contre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. Soulignant la sympathie britannique pour les populations juives opprimées d'Europe centrale et d'Europe de l'Est, l'affiche représente un soldat coupant les liens d'un homme juif. Ce dernier cherche à rejoindre un groupe de soldats courant dans le lointain et dit : « Vous avez coupé mes liens et m'avez libéré, laissez-moi maintenant vous aider à en libérer d'autres ! ».

Le message est renforcé par trois portraits en haut de l'affiche représentant Herbert Samuel, le vicomte Reading et Edwin S. Montagu, membres juifs du Parlement britannique. Le texte, en yiddish, continue : « Enrôlez-vous avec les renforts d'infanterie pour l'outre-mer sous le commandement du capitaine [Isidor] Freedman, au quartier général sis 786, boulevard Saint-Laurent, Montréal ».

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 Tous unis avec le 199e bataillon outre-mer des rangers canadiens irlandais

Lors de la Première Guerre mondiale, de nombreux immigrants irlandais vivant au Canada se portèrent volontaires pour servir dans les forces armées canadiennes. Pour aider au recrutement, le gouvernement canadien établit le 199e bataillon outre-mer des rangers canadiens irlandais, qui était constitué d'Irlandais uniquement. Basée à Montréal, l'unité commença à enrôler des volontaires pendant l'hiver 1915–1916. Également, appelés Rangers irlandais de la duchesse de Connaught, d'après leur marraine royale, épouse du prince Arthur, duc de Connaught et gouverneur général du Canada, les rangers partirent en bateau pour l'Europe en décembre 1916 et firent une tournée triomphale en Irlande, en janvier et février 1917.

Par la suite, les Canadiens irlandais furent envoyés en France. Toutefois, le bataillon ne combattit jamais en tant qu'unité. Ses hommes furent utilisés pour remplacer les soldats tués ou blessés dans d'autres unités canadiennes se battant sur le front de l'Ouest. Le 17 mai 1917, le bataillon fut incorporé au 23e bataillon de réserve du Corps expéditionnaire canadien. Cette affiche de recrutement de Montréal représente l'insigne du bataillon et une carte de l'Irlande avec ses quatre provinces historiques : Connaught, Leinster, Munster et Ulster. Le nom du commandant, lieutenant-colonel H.J. Trihey, apparaît au bas de l'affiche.

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Canadiens irlandais,

engagez-vous dans un bataillon d'Irlandais et de Canadiens, 1915

Cette affiche de recrutement canadien de la Première Guerre mondiale montre deux soldats, l’un vraisemblablement canadien, l’autre irlandais, se serrant la main, alors que l’on pointe la devise « Les petites nations doivent être libres ». L’arrière-plan présente la feuille d’érable et les trèfles, symboles, respectivement, du Canada et de l’Irlande. 

Pendant la guerre, de nombreux immigrants irlandais au Canada se sont portés volontaires pour servir dans les Forces armées canadiennes. Pour faciliter le recrutement, le gouvernement canadien a mis sur pied un bataillon purement irlandais, le 199th Overseas Battalion des Irish Canadian Rangers. Les rangers s’embarquèrent pour l’Europe en décembre 1916 et firent une tournée triomphale en Irlande en janvier-février 1917.

Les Irlando-Canadiens sont alors envoyés en France. 

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Fight for Her.

Come with the Irish Canadian Rangers Overseas Battalion, Montreal

Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreux immigrants irlandais au Canada se sont portés volontaires pour servir dans les Forces armées canadiennes. Pour faciliter le recrutement, le gouvernement canadien a mis sur pied un bataillon purement irlandais, le 199 th Overseas Battalion des Irish Canadian Rangers. Basée à Montréal, l’unité a commencé à s’inscrire des bénévoles à l’hiver 1915-16. 

Cette affiche de recrutement de 1915 de Toronto montre une femme assise, de profil, sur le modèle du tableau Arrangement en gris et noir (communément appelé la mère de Whistler) de l’artiste américain James McNeill Whistler (1834-1903). Le nom du commandant du bataillon, le lieutenant-colonel H.J. Trihey, apparaît au bas de la section. 

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Canadiens français ! Le Prussien est encore sur le sol de France...

Enrôlez-vous dans le 189 è Bataillon FEC, 1915

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 Les paroles sinsères ne viendront pas à bout du Kaiser, de Krupp et de la Kultur,

1914-1918

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 La Royal Naval Canadian Volunteer Reserve, division d'outre mer,

veut des hommes âgés de 18  à 38 ans, 

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 Enrôlons-nous et tout de suite dans le 178 è Bataillon canadien français, 1915

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Rejoins les grenadiens de la garde canadienne.

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L'homme heureux aujourd'hui est l'homme qui est au front.

Royal Highlanders du Canada, 1914-1918

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Tous les vrais poil-aux-pattes s'enrôlent au 163 è CF, 1915

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Durant la Première guerre mondiale, toutes les parties ont utilisé des affiches comme outils pour mobiliser leurs populations en faveur de l'effort de guerre. Cette affiche de recrutement du Canada visait les Canadiens de langue française, avec l'avertissement que "l'Angleterre, rempart de nos libertés, est menacée."

L'appel à reconstituer  les régiments fusiliers de Salaberry renvoie à la Guerre de 1812 entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, lorsque le major Charles de Salaberry, membre d'une famille distinguée de Québec, a reçu le commandement d'un nouveau régiment, recruté parmi les français canadiens, pour se défendre contre une éventuelle invasion américaine.
L'affiche est de Arthur H. Hider (1870-1952), célèbre illustrateur commercial canadien et peintre de sujets historiques canadiens.

Cette affiche de recrutement pour le 163e bataillon représente un fantassin canadien coude à coude avec un soldat français. Cette image faisait référence à l’illustre histoire militaire des Canadiens français, et notamment à des soldats célèbres, dont le marquis de Montcalm, mort en 1759 en tentant de défendre Québec contre les Britanniques.

Elle met également en lumière les liens qui existaient entre le Canada et la France, et demande aux Québécois francophones, par une référence indirecte à l’Acte de Québec adopté en 1774, s’ils préféreraient des institutions prussiennes (allemandes) aux leurs.

L’unité est nommée en l’honneur de Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, qui leva et commanda une unité de milice française pendant la guerre de 1812 et vainquit une force américaine supérieure à la bataille de Châteauguay, en 1813.

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150e Carabiniers (150e bataillon)

Un soldat en uniforme du 150e bataillon exhorte à s’enrôler sur cette affiche de recrutement s’adressant aux Canadiens français.

Ce bataillon n’ayant pas pu atteindre les effectifs autorisés, il fut dispersé, ses soldats étant envoyés en renfort dans le 22e bataillon, le seul bataillon d’infanterie canadien-français qui servait au front.

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 En avant ! Vers la victoire avec le 245e bataillon outre-mer des grenadiers canadiens

Cette affiche de recrutement canadienne datant de la Première Guerre mondiale montre des soldats à l'assaut, avec au-dessus le nombre 245, et exhorte les hommes à s'enrôler dans le « 245e bataillon outre-mer des grenadiers canadiens ». Le nom du commandant, le lieutenant-colonel C.C. Ballantyne, et l'adresse de l'armurerie à Montréal qui servit de base de recrutement pour le bataillon sont indiqués au bas de l'affiche. Lorsque la guerre éclata en août 1914, le Canada offrit immédiatement d'envoyer des troupes en Europe pour combattre aux côtés de l'armée britannique, et le pays commença donc à accroître ses forces armées. Le ministre de la Milice et de la Défense, le colonel Sam Hughes, choisit d'organiser les volontaires en bataillons numérotés consécutivement.

Le premier contingent du Corps expéditionnaire canadien, qui embarqua pour l'Europe le 3 octobre 1914, était composé des bataillons numérotés du 1er au 17e, et du régiment d'infanterie légère de la princesse Patricia, unité majeure de l'armée régulière canadienne. Une fois en Europe, les bataillons furent regroupés en brigades et en divisions. À la fin de la guerre, l'armée canadienne comptait 260 bataillons numérotés.

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 Affiche Canada allez les garsLusitania

Help the Boys (Aidez les gars)

Des obus explosent et des soldats allemands s’enfuient, pris de panique, sur cette affiche de recrutement originale pour le 245e bataillon, le Canadian Grenadier Guards. Levé à Montréal, le 245e bataillon fut dispersé et absorbé par le 23e bataillon de réserve.

Les soldats furent par la suite envoyés au front comme renfort pour de nombreux autres bataillons de la ligne de front.

Canadien if yo can't join him

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Les Britanniques transformèrent le torpillage du paquebot Lusitania par un U-boot allemand le 7 mai 1915 en une vaste campagne de propagande.

Celle-ci incitait à la haine contre l’Allemagne et, comme le montre l’affiche, encourageait le recrutement « pour venger cette oeuvre du diable ».

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 Bushmen et Sawmill Hands Recherchés.

Rejoignez le 224ème Bataillon canadien de foresterie

Durant la Première guerre mondiale, toutes les parties ont utilisé des affiches comme outils pour mobiliser leurs populations en faveur de l'effort de guerre. Cette affiche par un artiste inconnu lance un appel aux hommes avec une expérience de l'exploitation forestière et des scieries à se joindre à une nouvelle unité militaire en cours de formation au Canada.

En 1916, le gouvernement britannique a demandé au gouvernement du Canada de recruter un bataillon forestier spécialisé pour servir en Grande-Bretagne et en France, où manquaient des capacités forestières. En un délai de six semaines, plus de 1 600 hommes ont été recrutés dans l'unité, à qui ont été assignées des tâches telles que le défrichage de sites pour construire des terrains d'aviation, la fabrication de traverses de chemin de fer, ainsi que la production de bois d'oeuvre pour le renforcement des tranchées et la construction de casernes et d'hôpitaux.                                      

 Canadiens c est le moment d agir

Canada Keep it in action

Affiches pour les économies de denrées

Les pays précipités dans la guerre se contraignent à de fortes restrictions qui portent sur la nourriture (pain, sucre, viande), le charbon, le gaz et l'habillement.

Les affiches étaient conçues pour indiquer clairement que le fait d’accroître la production non seulement permettrait de soutenir les troupes canadiennes, mais aussi celles de nos alliés et, en particulier, de la Grande-Bretagne. 

La Commission canadienne du ravitaillement a également produit des affiches qui encourageaient vivement la population à se priver volontairement de tout, comme à « se passer de viande le vendredi ».

Aussi, à mesure que des pénuries ont commencé à se produire, il est devenu de plus en plus important pour les gens de produire leur propre nourriture autant que possible : encore une fois, on a conçu des affiches pour transmettre le message. 

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 Papa, viens dans le jardin.

Affiche de Joseph Ernest Sampson, vers 1918

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Le Canada doit faire mieux !

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 Jeunes hommes, allez à la ferme.

Amenez un ami et faites votre part 

Durant la Première Guerre mondiale, le Canada établit un corps de soldats de milice agricole dans lequel les garçons âgés de 15 à 19 ans étaient invités à se porter volontaires pour passer leurs étés à travailler dans les fermes, remplaçant les ouvriers agricoles qui s'étaient enrôlés pour le service militaire. Au total, 22 385 garçons s'engagèrent comme « soldats » de ferme.

Cette affiche, publiée par la Commission canadienne du ravitaillement, est un appel pour la main-d'œuvre agricole. Elle représente un garçon vêtu d'un uniforme de la milice agricole qui souffle dans un clairon, appelant d'autres jeunes hommes au corps. En arrière-plan, d'autres garçons portant l'uniforme de l'organisation se dirigent vers les champs. Le texte indique que le jeune homme sonnant le clairon porte l'uniforme officiel de la milice agricole, autorisé par la Commission canadienne du ravitaillement et fabriqué par Montreal Shirt & Overall Co., Ltd. En échange de leur travail, les soldats étaient logés et nourris, recevaient de l'argent de poche et, dans le cas des élèves du secondaire, étaient exemptés de classe et d'examens de fin d'année.

Au terme de leur service et de leur « libération honorable », ils recevaient également un insigne reconnaissant leur service, souvent lors d'une cérémonie communautaire. La province de l'Ontario établit un programme parallèle, le corps du service agricole, en vertu duquel les jeunes filles (appelées « Farmerettes ») pouvaient se porter volontaires pour travailler dans les fermes.

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Préparez l'hiver. Economisez la nourriture périssable, 1914-1918

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Les Canadiens patriotes ne stockent pas la nourriture, 1914-1918

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Nous avons besoin de dix fois plus, E. Henderson, 1914-1918

Cette affiche de la Première Guerre mondiale, publiée par la Commission canadienne du ravitaillement, promeut l'augmentation de la production de porc comme une contribution à l'effort de guerre. Elle montre deux personnages, représentant la Grande-Bretagne et le Canada, qui échangent de l'argent contre un petit cochon. Un porc plus grand, sur lequel est indiqué le nombre de livres de porc achetées par la Grande-Bretagne, est visible dans la partie inférieure de l'affiche. Le cochon plus petit échangé représente le volume vendu par le Canada. Le texte sur l'affiche proclame : « Nous sommes heureux de l'avoir, Canada, mais il nous en faudrait dix fois plus ».

Le Canada était un producteur important de nourriture pendant la Première Guerre mondiale, et le gouvernement d'Ottawa exhorta les agriculteurs canadiens à maximiser leur production. Après 1914, la production de denrées alimentaires augmenta rapidement en réponse à des appels comme celui-ci et à des prix internationaux élevés.

La quasi-totalité du surplus de production fut exporté vers la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays souffrant de pénuries du fait de la guerre.

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Cette affiche de la Première Guerre mondiale, publiée par la Commission canadienne du ravitaillement, exhorte les consommateurs à acheter et à manger du poisson plutôt que de la viande. Elle représente un boucher pointant un poisson du doigt, sous le regard d'une cliente. Le boucher et la femme sont tous deux souriants, et les mots « A Good Butcher » (Un bon boucher) sont visibles en arrière-plan. Gros producteur et exportateur de viande, de céréales et autres denrées alimentaires, le Canada augmenta sa production durant la guerre afin de répondre aux besoins de la Grande-Bretagne, de la France et des autres pays alliés où les rendements agricoles étaient en déclin en raison de la guerre. La viande est moins périssable que le poisson et, en mangeant du poisson, les consommateurs pouvaient augmenter la quantité de viande disponible à l'exportation.

Cette affiche fut réalisée par E. Henderson, artiste canadien qui produisit une série d'affiches encourageant les agriculteurs canadiens à accroître leur production et les consommateurs à préserver les aliments.

 Affiche canada ne gaspillez pas le pain

Ne gaspillez pas le pain !

La campagne des U-boot en 1917 amena un accroissement des pénuries en Grande-Bretagne, car des centaines de navires marchands transportant nourriture et munitions furent coulés. Les pénuries et l’inflation firent monter le prix des aliments et perturbèrent leur distribution.

Au début de 1918, le sucre, la viande et les matières grasses furent rationnés afin de mieux répartir les aliments et d’autres ressources rares parmi la population.

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Cette affiche de la Première Guerre mondiale, publiée par la Commission canadienne du ravitaillement, promeut l'augmentation de la production d'œufs comme une contribution à l'effort de guerre. L'affiche montre une grosse poule, deux personnages représentant la Grande-Bretagne et le Canada, et quatre œufs qui illustrent l'ampleur de la pénurie d'œufs en Grande-Bretagne, le nombre d'œufs que cette dernière importait normalement et les ventes d'œufs canadiens aux Britanniques pour deux années différentes.

Les statistiques mettent en évidence la pénurie d'œufs en Grande-Bretagne, due à la baisse de la production en temps de guerre, mais elles soulignent également que les ventes d'œufs canadiens à la Grande-Bretagne étaient inférieures à celles de l'avant-guerre. Le texte proclame : « Très peu d'œufs pour un si gros oiseau. Le Canada doit faire mieux. » Le Canada était un producteur important de nourriture pendant la Première Guerre mondiale, et le gouvernement d'Ottawa exhorta les agriculteurs canadiens à maximiser leur production. Après 1914, la production de denrées alimentaires augmenta rapidement en réponse à des appels comme celui-ci et à des prix internationaux élevés.

La quasi-totalité du surplus de production fut exporté vers la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays souffrant de pénuries du fait de la guerre.

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Nourissez bien les soldats, nous gagnerons la guerre, E. Henderson, 1914-1918

 Nos soldats ont besoin de tabac

Cette affiche canadienne de la Première Guerre mondiale sollicite des fonds auprès du public pour acheter des produits du tabac destinés aux soldats déployés sur le front en Europe. Elle est constituée d'un dessin populaire de l'artiste Bert Thomas (1883–1966), qui montre un soldat allumant sa pipe, un fusil à portée de main, et demandant à l'empereur allemand : « Arf a mo » (Un instant je vous prie).
L'image est accompagnée du texte : « Nos soldats ont besoin de tabac. Pour 25 cents, nous leur envoyons l'équivalent d'un dollar. Contributions reçues ici pour le Tobacco Fund canadien, organisé par l'Over-seas Club ». « Sa Majesté le roi » est désigné comme le mécène du club, et le texte garantit : « L'intégralité de l'argent est utilisée pour le tabac. Le club paie tous les frais ». À cette époque, alors que le tabagisme n'avait pas encore été reconnu comme un risque pour la santé, les gouvernements et les organisations privées dans tous les pays belligérants veillaient à ce que les soldats ne manquent pas de tabac.
Thomas, caricaturiste britannique célèbre, contribua au magazine satirique Punch. Il produisit ce dessin pour la campagne lancée en Grande-Bretagne « Smokes for Tommy » (des cigarettes pour Tommy ; « Tommy » désigne en argot un soldat de l'armée britannique). L'image fut ensuite utilisée pour une campagne similaire au Canada.                                 

Affiches pour les emprunts nationaux

Le Canada s'adresse d'abord à l'Angleterre pour le financement de son effort de guerre, puis aux Etats-Unis. En novembre 1915, le gouvernement canadien recourt à l'emprunt auprès des particuliers. Il obtint un vif succès, avec plus du double des rentrées attendues. En novembre 1917, les Victory Bonds prennent le nom de Victory Loans.

Les obligations étaient des prêts accordés au gouvernement qu’on pouvait encaisser avec intérêt dans 5,10 ou 20 ans; on les a émises en cinq campagnes différentes, entre 1915 et 1919. En 1915, on a émis cent millions de dollars en obligations de la Victoire, que les gens ont vite achetées. 

Les affiches encourageaient toujours vivement tout le monde à acheter des obligations. Les femmes, à la maison, mettaient de l’argent de côté à même leur allocation d’entretien ménager; on encourageait les enfants à collectionner des timbres-épargne qu’ils pouvaient accumuler jusqu’à ce qu’ils puissent acheter une obligation de la Victoire.

La campagne des obligations de la Victoire de 1918 a été l’une des plus réussies, permettant de recueillir plus de 600 000 dollars en trois semaines. Bien que les hostilités se soient terminées le 11 novembre 1918, on a lancé une autre campagne en 1919, laquelle se concentrait sur le thème Bring Our Boys Back (ramenons nos gars) et sur le besoin de recueillir des fonds devant servir à la réadaptation des soldats, à leur retour.

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 Les bons de la victoire raccourcissent la guerre. Aidez à attraper les Huns, 1918

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 Affiche de F. L. Nicolet

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 Affiche de F. L. Nicolet

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Ce n'est pas à vous d'agir et mourir,

mais c'est à vous d'acheter des obligations de la Victoire, 1918 

Cette affiche de la Première Guerre mondiale, qui représente des soldats tenant des baïonnettes et sur le point de lancer l'assaut, fut émise par les autorités canadiennes pour promouvoir la vente des obligations de la Victoire. Le texte « Ce n'est pas à vous d'agir et mourir, mais c'est à vous d'acheter des obligations de la Victoire » rappelle « La charge de la brigade légère », célèbre poème de lord Alfred Tennyson (1809–1892) inspiré par la guerre de Crimée de 1853–1856 : « Il n'y a pas à discuter / Il n'y a pas à s'interroger / Il n'y a qu'à agir et mourir ». L'image et les mots de cette affiche contrastent et établissent un parallèle entre l'héroïsme des soldats et l'achat d'obligations de guerre, acte non héroïque mais ô combien important.

Le Canada envoya un corps expéditionnaire de 690 000 soldats auprès des Alliés pendant la guerre, et le pays subit de lourdes pertes, dont 67 000 morts et 173 000 blessés. Pour financer sa participation à la guerre, le Canada vendit des obligations de guerre portant intérêt à ses citoyens. De 1915 à 1919, le gouvernement canadien mena cinq campagnes d'obligations. À partir de la quatrième campagne, en novembre 1917, ces emprunts furent appelés obligations de la Victoire ou emprunts de la Victoire.

Les emprunts étaient émis pour des périodes de 5, 10 et 20 ans, pour des valeurs unitaires de 50 dollars. Le premier emprunt de la Victoire fut sursouscrit et recueillit 398 millions de dollars. Les deuxième et troisième emprunts de la Victoire, émis en 1918 et 1919, rapportèrent 1,34 milliard de dollars supplémentaires. 

Eless servent la Fr

Elles servent la France. Comment puis-je servir le Canada ? 1915

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Quatre raisons d'acheter des bons de la victoire, 1917

Cette affiche de la Première Guerre mondiale fut produite au Canada, en 1917. Elle représente les « 4 raisons d'acheter des obligations de la Victoire ». Les « raisons » sont les quatre plus importants dirigeants allemands civils et militaires, dont le visage était familier à de nombreux Canadiens dans les dépêches d'actualité : le kaiser Wilhelm II, empereur d'Allemagne ; le maréchal Paul von Hindenburg, chef de l'état-major de l'armée impériale allemande ; le prince Wilhelm, fils de l'empereur et héritier du trône ; et le grand-amiral Alfred von Tirpitz, fondateur de la flotte allemande. Le Canada, dominion de l'Empire britannique, joua un rôle majeur dans le combat aux côtés des Alliés, coalition des puissances britannique, française et russe.

Pour collecter les fonds permettant de poursuivre la guerre, les nations alliées vendirent des obligations de guerre portant intérêt, que le Canada commença à appeler « obligations de la Victoire » (ou « emprunts de la Victoire ») en 1917. Entre 1915 et 1919, le gouvernement canadien mena cinq campagnes d'obligations. Pour chacune d'entre elles, le Victory Loan Dominion Publicity Committee (Comité de publicité du Dominion quant aux emprunts de la Victoire) produisit une affiche encourageant les citoyens canadiens à acheter des obligations. Il inaugura également ces campagnes par des cérémonies, des parades et des apparitions de célébrités. Sur la souscription d'une obligation de la Victoire de la campagne de 1917, on pouvait lire les mots suivants : « Riche ou pauvre, celui qui, à cette heure suprême, n'offre pas toutes ses économies pour la sécurité du pays, est peu à envier ».

Les Canadiens répondirent avec enthousiasme. Les enfants joignirent la cause en accumulant des timbres d'épargne qu'ils pouvaient utiliser pour acheter des obligations. Les communautés collectant des sommes d'argent considérables étaient récompensées par un drapeau d'honneur des obligations de la Victoire.

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« Kultur contre humanité », affiche émise en 1918

L’affiche VICTORY BONDS WILL HELP STOP THIS (les obligations de la victoire aideront à arrêter ceci), qu’on voit ci-dessus a été imprimée à environ 60 000 exemplaires. 

Cette affiche des obligations canadiennes de la Victoire représente le Llandovery Castle, un navire-hôpital canadien torpillé par le U-boot allemand U-86, au large des côtes d’Irlande le 27 juin 1918. L’attaque tua 234 personnes, dont 94 médecins et infirmières militaires canadiens.

Au bas de l’affiche, on lit le message : « Kultur contre humanité ». La propagande de temps de guerre fit bientôt référence à la Kultur (culture) allemande comme une insulte outrageante, prédisposition supposée à la guerre, à la cruauté et à la destruction qui plaçait l’Allemagne hors de la communauté des nations civilisées. Un effort total contre un tel ennemi était plus que justifié.

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 Finissons le job ! Affiche de Arthur Keelor

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 Affiche Canada emprut victoire

Le Canada créa le Service des affiches de guerre en 1916 pour produire des affiches dans les deux langues officielles. Alors que la guerre progressait et que les besoins en argent en soldats devenaient plus criants, le message des affiches devint plus imagé et plus direct.

Sur la présente affiche, un soldat canadien regarde le public droit dans les yeux pour lui demander d’acheter des obligations de guerre afin de soutenir l’effort de guerre. Le dessin s’inspirait vaguement de l’affiche populaire produite en série montrant lord Kitchener, le secrétaire d’État à la guerre, exhortant les Britanniques à s’enrôler dans l’armée britannique.

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Canada 's Grain

Canada Victoty bonds

Autres affiches de propagande

Affiche Canada Remember

« Allemand un jour, Allemand toujours! »

(“Once a German – Always a German!”)

Choquante affiche de propagande anti-allemande qui fait appel à des histoires d’atrocités commises par les Allemands, de l’occupation de la Belgique au meurtre d’un bébé avec une baïonnette, en passant par l’exécution de civils, le meurtre de l’infirmière Edith Cavell et la guerre sous-marine sans restriction qui visait des navires civils innocents.

Cette affiche britannique encourageait les citoyens à ne pas embaucher d’Allemands et à ne pas acheter de produits allemands.

Affiche canada U-Boot

U Boote Heraus ! (Lancement de U-boot!)

Cette affiche allemande représente un officier de U-boot regardant dans un périscope.

À l’arrière-plan, un navire torpillé est en train de couler. 

Voir les liens :

http://www.archives.gov.on.ca/fr/explore/online/posters/index.aspx

http://www.archives.gov.on.ca/fr/education/pdf/Gr10_Wartime_Postersf.pdf

https://www.wdl.org/fr/sets/world-war-i/timeline.new/