Mots clés :

Bernard Naudin, dessinateur, pépères, Campagne Première, André Peignot, Naudin,

 

Voir tous les articles sur les dessinateurs :

Les dessinateurs

 

  Bernard Naudin portrait

Biographies

Bernard Naudin est issu d'une famille d'horlogers et d'antiquaires de Châteauroux. Il travaille à 15 ans à la revue littéraire de Jean Baffier Le réveil de la Gaule. Il illustre ensuite son premier ouvrage, L'Amour au village, scènes de moeurs berrichonnes.

En 1893, il réside à Paris et il propose des cours de dessin à l'Académie Colarossi où il devient ensuite professeur.

En 1914, il devient illustrateur de guerre pour L'Horizon et Le Poilu.

Incorporé le 6 août 1914 à la 2e Compagnie du 65e Régiment Territorial d'Infanterie formé à Châteauroux, Bernard Naudin devient très vite illustrateur de guerre.

Bernard Naudin participe activement à la guerre. Du fonds des tranchées, des casemates ou des routes de l’arrière, il dessine et crayonne à la hâte et fige dans sa mémoire des personnages ou des saynètes aperçues au front, et toutes sortes d’éléments qui constituent un témoignage très émouvant du destin des soldats de la première Guerre Mondiale.

croquis campagne

Croquis de campagne (1915)

C’est ainsi que paraissent Croquis de Campagne de Bernard Naudin 1914-1915 aux Editions R. Helleu en 1915, recueil contenant une suite de lithographies d’après ses carnets de guerre, présentés sous une jaquette bleu horizon, rappelant la couleur des uniformes des soldats français. Ce recueil s’ouvre sur un touchant portrait à la mémoire d'André Peignot.

Le 16 août 14, Bernard Naudin est nommé Caporal, avant de partir avec son régiment vers le front de l'Aisne et vivre la Bataille de la Marne. C'est au cours de celle-ci que son ami André Peignot, devenu Capitaine, est tué par l'ennemi le 25 septembre 1914.

Éditeur d'art, André Peignot est un des fils de Gustave Peignot, fondateur de Fonderie Peignot, fleuron de la typographie française, principal employeur de Bernard Naudin.

Après un passage dans l'armée coloniale, André Peignot revient travailler dans l'entreprise familiale et commence une carrière dans l'édition d'art. C'est dans ce cadre qu'il se lie d'amitié avec Naudin et qu'il publie un certain nombre de livres illustrés par ce dernier. Il lui demande également de dessiner un caractère d'imprimerie. Le Naudin, stylisation de l'écriture de l'illustrateur berrichon, voit donc le jour en 1914 mais il ne sera commercialisé qu'après la guerre, en 1924. Malheureusement, il n'aura jamais le succès espéré.

https://mediatheque.ville-chateauroux.fr/

Bernard Naudin, (né le 11 novembre 1876 à Châteauroux - mort le 7 mars 1946 à Noisy-le- Grand), peintre, dessinateur français. Mobilisé le 1er août 1914 et affecté au 65e régiment territorial d’infanterie, mêlé à la bataille, il allait rapidement voir récompensé son courage et sa force morale. Caporal le 5 octobre 1914, sergent le 3 novembre, sergent-major le 15 novembre 1914.

Ce « sous-officier très dévoué et très brave » devait exécuter, le 5 février et les jours suivants sous le feu de l’ennemi une « reconnaissance topographique des plus périlleuses dont les résultats ont été très utiles ». Pour ce beau fait d’armes, il est promu adjudant le 7 février 1915 et se verra décerner la Croix de guerre.

 À l’étape, dans les tranchées, en patrouille, « il a le crayon à la main ». Dans un style dépouillé, Naudin dessine la vie quotidienne du combattant dans la boue de la tranchée, avec toutes ses misères et ses grandeurs. Il est réformé le 11 février 1916. Illustrateur de journaux tels L’Horizon et Le Poilu, il participe aux campagnes des divers emprunts de la Défense et à la collecte d’or et orne le texte du traité de Versailles, signé le 28 juin 1919 par Clémenceau.

Le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts lui décerne la croix de chevalier de la légion d’honneur. Il sera fait officier le 12 janvier 1935. Epuisé, il s’éteint le 7 mars 1946. (Extrait de l’article de François Escoube dans la Revue historique des armées, n°4, 1975).

https://36sorties.fr/fr/conf%C3%A9rence-bernard-naudin-illustrateur-de-la-grande-guerre

Né à Châteauroux en 1876, Bernard Naudin est un peintre, dessinateur, illustrateur, graveur et caricaturiste français. Fils d'un horloger qui pratiquait le dessin, la sculpture et la musique en amateur, il étudia chez le peintre Bourda et à Paris, à l'École des Beaux-Arts, chez Bonnat, tout en donnant des cours de guitare pour vivre. Boursier de Châteauroux en 1897, il exposa des toiles à sujets militaires aux Indépendants. Il abandonna progressivement la peinture pour se consacrer pleinement au dessin à la plume, à la gravure et à l'eau-forte et collabora au Cri de Paris et à L'Assiette au beurre. Il réalisa aussi un nombre important d'affiches, étiquettes, programmes.

En 1914, mobilisé comme sergent d’infanterie, il devint illustrateur de guerre, montra la vie des tranchées et réalisa de nombreuses compositions et suites de dessins vendues pour contribuer à l'effort de guerre (voir nos autres annonces à ce sujet). Son engagement sur le front de l'Aisne lui vaut la Légion d'Honneur. Il gagna une forte renommée pour ses représentations de déshérités, de scènes de la vie berrichonne, du monde du cirque, de la musique, de la vie mondaine, du sport. On lui doit aussi de nombreuses illustrations de livres recherchés d'Émile VERHAEREN, Joris-Karl HUYSMANS, CHAMISSO, DIDEROT, FLAUBERT, POE, ROUSSEAU, VILLON, VOLTAIRE.

Pendant la guerre, Naudin est devenu le dessinateur officiel des événements. Il a été affiché sur tous les murs de France, dans toutes les villes, grandes et petites, dans tous bourgs, villages, hameaux, car c'est à lui, entre autres, que l'on doit les affiches du premier et du deuxième emprunt. Il a décoré les certificats de civisme délivrés à ceux qui venaient aux guichets échanger leur or contre des billets. Il a illustré le titre et les pages du Bulletin des Armées de la République. Il a dessiné les « bons points » donnés aux élèves des écoles qui ont apporté leur obole à la souscription pour l'emprunt de la Défense nationale.

Voici ce que disait de lui Gustave Geffroy dans les Nouvelles de France du 14 décembre 1916 :

"Entrez dans la petite boutique de son éditeur Helleu, boulevard Saint-Germain, en face le carrefour Buci, vous y verrez les spectacles et les personnages entrevus par Naudin au cours des mois de guerre où il appuyait son fusil à la terre de la tranchée pour dessiner un croquis sur son carnet. Vous trouverez ici, dans leur milieu de guerre, ces hommes que vous voyez en permission dans les rues de Paris, traînant les pieds, chaussés de lourds souliers encore alourdis de boue, la musette en bandoulière, le quart accroché à la ceinture, le casque bossué sur la tête. Ils ont les bras ballants, des mains émouvantes d'ouvriers de la terre, des moustaches retombantes de Gaulois, des yeux de toutes les couleurs et de toutes les expressions, résignés ou gouailleurs, durs ou sensibles, baissés vers la terre ou levés vers l'espace. Ce sont leurs portraits que Naudin a dessinés, à l'affût dans la tranchée, le fusil entre les bras, ou lancés pour l'attaque, ou contemplant le rectangle de terre remuée où repose pour toujours leur camarade. Certains de ces portraits sont graves, d'autres ont une gaieté de philosophes, celui-ci est calme et viril comme un jeune dieu... vous l'avez vu sur l'affiche de l'emprunt, en même temps que son vieux en blouse de paysan, sa vieille en coiffe de paysanne. Vous avez vu aussi sur les affiches, sur les certificats de versements d'or, sur les bulletins de souscription, toute une ornementation nouvelle, charmante, émouvante, où les lauriers encadrent les doux paysages et les champs ravagés, les sillons paisibles et les buissons farouches de fils barbelés, les chaumières heureuses et les maisons incendiées, les décors du bonheur habituel et méconnu et les ruines où les démons de l'invasion ont passé, les outils du labeur et les armes de la délivrance, la charrue, la herse bienfaisantes, le canon allongeant sa gueule entre les branches, les armes, le casque disposés en trophées. Vous avez admiré, hier, sur la dernière affiche de l'emprunt, cette belle inspiration si simple, ces drapeaux qui passent, tenus par des mains invisibles, emportés tout déchirés et tout glorieux par le vent de la bataille, sous la rafale meurtrière. Le nom de Bernard Naudin restera aux plis de ces drapeaux, aux cadres de ces panoplies, aux écorces de ces lauriers qui croissent sur les tombes."

Gustave GEFFROY.

La presse

hommes du jour Naudin0

 hommes du jour Naudin1

hommes du jour Naudin2

 Les pépères1

Les pépères2

Les pépères3

L'Illustration, 27 mai 1916

Croquis de campagne (1915)

Naudin croquis de campagne1

Naudin croquis de campagne2

Naudin croquis de campagne3

Naudin croquis de campagne4

Naudin croquis de campagne5

Naudin croquis de campagne6   Naudin croquis de campagne7

Autres croquis

Naudin l attaque

 Naudin50

 Naudin53   Naudin51

 Naudin En Champagne

Naudin la relève

Nudin dans la tranchée

Naudin le droit à la Liberté

Naudin discourt clemenceau

Lire le document :

Naudin dessins

Art et artistes Bernard Naudin

Lire le document :

http://gallica.bnf.fr/Bernard Naudin

 

Apposition d’une plaque commémorative en hommage à Bernard Naudin, 13 bis rue Campagne Première (14e). Mme Odette CHRISTIENNE, rapporteure. 

Délibération/ Conseil municipal/ Mars 2007 [2007 DAC 160] :

Naudin plaque

 

Mais c’est aussi le dessinateur de la 1ère guerre mondiale dont il a montré on ne peut mieux le caractère démesuré et barbare. Il m’est, de ce fait, particulièrement cher, vous le comprendrez, car il nous pousse à ne pas oublier que c’est à l’orée du XXème siècle, en plein avènement de la modernité, qu’est apparue la guerre industrielle, la guerre de masse plongeant l’humanité dans un déluge de fer et de feu dénué de toute rationalité. Bernard Naudin nous le rappelle : la guerre de 14- 18 a été une rupture majeure qui a montré que la barbarie pouvait se loger au cœur de cette Europe occidentale soi-disant civilisée. Bernard Naudin est un de ces artistes qui jouent le rôle de sentinelles vigilantes en nous disant avec persévérance (je cite quelques légendes) : « Plus jamais ça ». « Ce que disent nos morts », « la Guerre » et « Madame ».

Les œuvres de ce dessinateur hors pair, par ailleurs enseignant, dénoncent avec brio la guerre de 14-18, qui a tué pas moins de 1,4 millions de Français soit 10% de la population active et fait 3 millions de blessés dont 750.000 invalides et 125.000 mutilés. De ce point de vue, on peut rapprocher son œuvre de celle d’un Mathurin Méheut qui nous a également livré toute une série de croquis sur la grande guerre. Bernard Naudin a su avec un sens exceptionnel du détail vrai croquer la vie quotidienne des poilus. Je pense, en particulier, à « L’attaque » où en quelques traits il figure de façon saisissante trois soldats en mouvement, baïonnettes au canon, laissant dans leur sillage un mort recroquevillé. « Une relève ». Groupe de soldats solidaires, serrés les uns contre les autres, debout, appuyés sur leur fusil, visages empreints de tristesse ou d’hébétude ou fermés, geste de l’un d’entre eux, tête baissée, pensif, tenant son casque devant lui comme l’on tient un chapeau lors d’une cérémonie religieuse. Rien ne manque : pas même le bardât. Mais aussi, soldats laboureurs et bien d’autres, témoignages sur la vie des tranchées.

Mais à travers cette dénonciation de la « der des ders » c’est également l’essence même de la guerre dans toute son horreur que Bernard Naudin met sur la sellette. De ce point de vue, il a frayé la voie à l’œuvre picturale d’un Jacques Tardi épris comme lui de Paris et grand pourfendeur de la « grande guerre ».

Extrait du : Discours de Madame Odette CHRISTIENNE Adjointe au Maire de Paris chargée de la Mémoire, du Monde Combattant et des Archives

   

Voir l'article :

 Dessins de guerre