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Grande Guerre : territoriaux bretons et normands du 87 DIT
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Grande Guerre : territoriaux bretons et normands du 87 DIT
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4 mars 2026

Hommage au 74 RIT / 87 DIT

 

Mots-clés :

 

74 RIT, 87 DIT, Paul Cocho, Mathurin Royer, Bretagne, drapeau, Yser, Aisne, Newhaven, Le Niagara, Langemarck, Korteker-Cabaret, course à la mer, mythe de Langemarck, Sottevast, Normandie, 

pépères, Territoriale, Kortekeer-Cabaret, Courtecon, Beaulne, Chiry,

 

 

Lire les articles :

 

 

Les régiments : 73 RIT - 74 RIT - 76 RIT - 79 RIT - 80 RIT

Régions militaires, 10 ème région

Bilan breton 14-18

 

 

 

Le sous-lieutenant Paul Cocho du 74 RIT,

est au premier rang, au centre de la photo, arborant sa Croix de guerre,

 

Les « pépères » de la Territoriale.

 

Les Territoriaux sont des hommes qui ont été réformés ou classés dans les services auxiliaires.

Ils appartiennent aux classes de 1875 à 1890. Ils avaient entre 34 et 49 ans.

 

Ces hommes, sont affectés à la défense des places fortes, des côtes et des points stratégiques.

 

Ils ne sont pas, destinés à entrer en campagne, ... en principe !

 

Mon Grand-Père maternel, Mathurin Royer a été mobilisé dans le 74 RIT.

 

 

Il est décédé suite à des blessures de guerre reçues lors du combat de Kortekeer-Cabaret le 10 novembre 1914, après 115 jours de campagne.

 

 

Le drapeau du 74 RIT, portant 2 citations.

 

L'entrée en guerre

 

Le 74e régiment territorial d’infanterie, est mobilisé à Saint-Brieuc, caserne des Ursulines.

 

 

St-Brieuc, place du Champ de Foire, caserne des Ursulines

 

Le 74 RIT est rattaché à la 173e brigade qui elle-même est rattachée à la 87e division territoriale, commandée par le général ROY.

 

Le rôle de la brigade, qui comprend les 73e et 74e régiments territoriaux, est d’assurer momentanément la garde des côtes du Cotentin ; des reconnaissances sont faites, ayant pour but de trouver des cheminements dans la direction de la côte.

 

Secteur du 74e : angle formé au nord par la ligne Sottevast-Octeville – au sud par la ligne Négreville, Ranville-la-Bigot, St-Christophe du Heauville. 

 

 

Carte région sud de Cherbourg, distance Sottevast - Cherbourg = 16 km

 

Manœuvres en Normandie.

 

  • Le 7 août 1914

 

Le 74e régiment territorial d’infanterie quitte ses quartiers de Saint-Brieuc, le 7 août 1914, sous le commandement du lieutenant-colonel Chauvel.
 
L'unité est dirigée sur Sottevast, dans la Manche, pour être rattachée à la 173e brigade du colonel Cionte, placée sous l'autorité du général Roy, à la tête de la 87e division d'infanterie territoriale.
La mission première du 74e consiste à, temporairement, assurer la surveillance des côtes du Cotentin.

 

  • Le 23 août 1914, retour à Sottevast.

 

Le général Cdt la division, exprime sa satisfaction sur la façon dont se sont effectuées les différentes opérations du 19 au 22 août.

 

Le général ajoute « qu’il est très fier, après 44 années de service militaire, d’avoir été appelé à l’honneur  d’exercer le commandement si passionnant de troupes qui, par leur moral et leur âge sont une véritable élite dans la Nation sous les armes »

 

  • Le 7 septembre 1914.


Le régiment s’embarque à Cherbourg pour Le Havre, à bord des paquebots « Newhaven » et « Malte ». La traversée a lieu sans incidents.

 

Le régiment débarque et traverse Le Havre, allant cantonner aux environs : 2 bataillons à Sanvic, Le Hamail et Mont-Gaillard ; 1 bataillon à Cancréanville, les Haudes et Château de Montgeron.

 

La 87e division est reconstituée sous les ordres du général ROY et du contre-amiral CHARLIER, gouverneur du Havre. 

 

 

  • Le 3 octobre 1914.

 
Le régiment s’embarque au Havre pour Dunkerque à bord des paquebots « Lorraine », « Niagara », et « Newhaven ». 

 

 

  • Le 13 octobre 1914.

 
« Le colonel Cdt la brigade est heureux d’adresser à tous les militaires sous ses ordres ses plus chaleureuses félicitations pour l’entrain, le calme et l’endurance dont ils ont fait preuve dans des circonstances particulièrement difficiles.

 

Ils ont subi sans la moindre défaillance les plus grandes fatigues, ainsi que toutes les privations que la guerre impose aux troupes de premières lignes ; ils regretteront sans doute de ne pas avoir eu l’occasion de donner la mesure de leur valeur, mais il faut que tous les militaires de la brigade sachent bien que, même sans avoir tiré un coup de fusil, ils ont atteint le résultat désiré. Français de Bretagne ! 

 

Vous avez prouvé une fois de plus que vous êtes toujours les dignes descendants de ceux qui ont immortalisé votre Province devant l’histoire !.... »

 

Le colonel Cdt la brigade signe : Cionte. 

 

  • Le 18 octobre 1914.

 
Les sections de mitrailleuses du 73e et 74e, arrivées la veille de Dunkerque, sont mises à la disposition du lieutenant-colonel CHAUVEL pour contribuer à la défense du front Est et Sud-Est d’Ypres. 

 

 

 

1 er citation du drapeau : Ypres 1914

 

Bataille de Langemarck (21–24 octobre 1914), Combats de Kortekeer-Cabaret.

  • Ces combats s’inscrivent dans la phase de stabilisation du front après la « course à la mer ».
  • L’action visait à empêcher l’ennemi de s’emparer des positions stratégiques autour de Kortekeer-Cabaret, cruciales pour la tenue de la ligne d’Ypres.
  • Malgré les pertes, et bien que les Allemands finissent par capturer temporairement certaines positions, les lignes se stabilisent quelques jours plus tard, l’ennemi étant finalement repoussé ou contenu.

Le Kortekeer-Cabaret (parfois orthographié différemment dans les sources) était un cabaret / estaminet isolé, servant de point de repère topographique, comme beaucoup de lieux-dits de combats en 1914.

 

Front lors de la course à la mer

 

Destruction du Kortekeer-Cabaret

 

  • Les combats opposent principalement :
    • des troupes allemandes
    • à des unités françaises (notamment de l’infanterie de marine) et belges
  • Le secteur est stratégique car il couvre les accès à Dixmude et aux digues de l’Yser.
  • Les affrontements sont très violents, souvent à courte distance :
    • attaques et contre-attaques d’infanterie
    • combats autour de fermes, routes et bâtiments isolés
  • Les pertes sont lourdes, typiques des combats de mouvement qui précèdent la stabilisation du front.
    1.  

Le combat du Kortekeer-Cabaret n’est pas une grande bataille autonome, mais un combat local emblématique de la résistance alliée.

Il contribue à freiner l’avance allemande, permettant ensuite l’inondation volontaire de la plaine de l’Yser, qui bloque définitivement l’offensive.

 

Pertes humaines du 21–24 octobre 1914.

Les chiffres varient selon les historiens, mais les ordres de grandeur sont les suivants :

  • Allemagne :
    ≈ 30 000 à 40 000 pertes
    (morts, blessés et disparus)
    → proportion très élevée de jeunes volontaires (étudiants, recrues récentes)
  • France :
    ≈ 10 000 à 15 000 pertes
    (principalement morts et blessés)
  • Royaume-Uni :
    pertes plus limitées dans ce secteur précis, quelques milliers au maximum

 

Le mythe de Langemarck apparaît en 1914 lors des combats près du village de Langemarck, pendant la Première Guerre mondiale.

 

Alors que l’armée allemande subit un échec militaire marqué par des pertes très importantes, la propagande transforme cette défaite en récit héroïque. Elle présente de jeunes volontaires allemands, souvent des étudiants, avançant en chantant des chants patriotiques et acceptants joyeusement le sacrifice.

 

Ce mythe permet de masquer les erreurs du commandement et de donner un sens à la mort de masse.

 

Après la guerre, il est récupéré par les mouvements nationalistes, puis par le régime nazi, qui en fait un symbole de la jeunesse sacrificielle.

 

Langemarck illustre ainsi le rôle des mythes dans la construction des mémoires de guerre et dans l’instrumentalisation politique du passé.

 

 

Lire l'article paru dans l'Ouest-Eclair

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2 nd citation du drapeau : L'Aine 1918

 

Le 74 RIT au Chemin des Dames

 

En mai 1918, le 74 RIT participe à la bataille de l'Aisne.

Il combat dans les villages de Courtecon, Beaulne, Chiry, villages disparus aujourd'hui.

 

Lire l'article :

 

Zone rouge du Chemin-des-Dames

 

 

Les villages disparus du Chemin-des-Dames

 

Des pertes considérables : morts, blessés et... prisonniers

Paul Cocho n’est ainsi pas le seul prisonnier en ce 27 mai 1918, loin s’en faut, même s’il est difficile de se faire une idée précise de ce que furent les pertes du 74e RIT en ces journées d’intenses combats. La saignée est cependant profonde au soir de l’offensive allemande. 

Le 74e RIT a en effet quasiment disparu en tant qu’unité combattante, seuls quelques éléments du 3e bataillon poursuivant le combat : positionnées 1 km en arrière des deux autres bataillons au moment de l’attaque, ces quelques troupes ont pu repasser au sud de l’Aisne avant d’être capturées.

 

Les pertes – morts, disparus, blessés ou supposés prisonniers – sont évaluées par le JMO du régiment à 1.582 hommes – JMO du 74e RIT à la date du 27 mai 1918.

Il s’agit de 31 officiers, 104 sous-officiers et 1.447 militaires du rang.

Lire le document :

Paul Cocho, épicier de St-Brieuc

 

 

 

Paul Cocho est à gauche.

Au verso de cette photo, il a écrit : « À l’arrivée du boyau 8, dans le parc de Boesinghe. »

 

Fiche matricule militaire de Paul Cocho

 

État civil

 

  • Nom : Cocho
  • Prénoms : Paul Toussaint Marie
  • Date de naissance : 9 janvier 1879
  • Lieu de naissance : Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, aujourd’hui Côtes-d’Armor)
  • Profession : épicier
  • Situation familiale : marié (1906), père de quatre enfants

 

Classe et recrutement

 

  • Classe : 1899
  • Bureau de recrutement : Saint-Brieuc

 

Service militaire

 

  • Incorporation : novembre 1901
  • Régiment : 71ᵉ régiment d’infanterie
  • Durée : novembre 1901 – novembre 1903
  • Observation : certificat de bonne conduite à la fin du service

 

Situation avant 1914

 

  • Passe dans la réserve de l’armée active, comme les hommes de sa classe.

 

Mobilisation pendant la Première Guerre mondiale

 

  • Mobilisé en août 1914
  • Unité : 74ᵉ régiment d’infanterie territoriale (74ᵉ RIT)

 

Grades successifs

 

  • Caporal au début de la guerre
  • Sergent en 1915
  • Sous-lieutenant en 1916
  • Lieutenant en 1918

 

Décorations et citations

 

  • Croix de guerre 1914-1918
  • Plusieurs citations (4) pendant la guerre
  • Légion d’honneur (ruban rouge obtenu le 12 juillet 1919)

 

Blessure et captivité

 

  • 27 mai 1918 : blessé et fait prisonnier lors de l’offensive allemande du Chemin des Dames
  • Interné en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre
  • Rapatrié en janvier 1919 (date mentionnée dans ses carnets).

 

Après-guerre

 

  • Retour à Saint-Brieuc, reprend son commerce d’épicerie.
  • Décédé le 18 août 1951 à Saint-Brieuc.

 

 

Paul Cocho, Mes carnets de guerre et de prisonnier, 1914-1919
 

Paul Cocho est en 1915 au cœur de la bataille autour d'Ypres.

Après quatre ans de guerre, il est blessé gravement au Chemin des Dames.

 

Fait prisonnier, opéré par les Allemands, il traverse l'Allemagne vers un camp d'officiers au sud de Dantzig.

En 1918, il va découvrir pendant plus de deux mois une Allemagne révolutionnaire et les difficultés de se faire rapatrier. Ses neuf carnets sont ici publiés intégralement.

 

Préface

 

Paul Cocho est né en 1879. Propriétaire d’une épicerie qu’il a héritée de son père, 23 rue Charbonnerie à Saint-Brieuc, il a 35 ans lorsque la guerre éclate et, qu’à ce titre, il est mobilisé au sein du 74e Régiment d’infanterie territoriale.

 

Constitué de soldats considérés comme trop âgés pour prendre part directement aux combats, le 74e RIT, à l’instar des autres unités de ce genre, reste encore relativement méconnu.

 

Ces carnets de Cocho ne sont ainsi qu’un des quelques rares témoignages dont dispose l’historien s’intéressant à ces territoriaux – bretons ou autres –, ce qui en soit suscite déjà la curiosité, d’autant que le régiment briochin se trouve dès novembre 1914 engagé en première ligne : les « pépères » de la Territoriale, selon l’expression du temps, ne le sont pas tous…

 

 

https://pur-editions.fr/product/659/paul-cocho-mes-carnets-de-guerre-et-de-prisonnier-1914-1919

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