Le cimetière militaire allemand de Langemark, le cimetière des étudiants
Mots-clés :
Langemark, Bixschoote, 87 DIT, Ypres, cimetière, Studentenfriedhof, Kortekeer, Emil Krieger, Allemagne, Passchendaele,
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Hommage au 74 RIT / 87 DIT
Hommage aux Fusiliers-Marins
Première bataille d'Ypres : 19 octobre 1914 - 24 novembre 1914
Troisième bataille d'Ypres : du 31 juillet au 10 novembre 1917,
aussi appelée bataille de Passchendaele.
Introduction
En Allemagne, 33 rues et places portent encore le nom du village de Langemark, nom de la commune de Langemark-Poelkapelle, en Flandre occidentale. Durant la Première Guerre mondiale, Langemark a été le théâtre d'une bataille au cours de laquelle de nombreux jeunes soldats allemands ont perdu la vie.
Durant le régime nazi,Langemark est devenu le symbole de l'héroïsme des soldats allemands.
L'Allemagne veut maintenant se débarrasser de ce symbole. De son côté, la commune de Langemark-Poelkapelle et le musée In Flanders Fields d'Ypres souhaitent conserver les noms des rues, mais accompagnés d’explications.
Que ce soit la Langemarckstrasse ou Langemarckplatz, toutes font référence à la petite ville de Langemark où, en novembre 1914, la première bataille d'Ypres a opposé de jeunes soldats allemands aux soldats alliés, français et britanniques.
L'armée allemande a subi de lourdes pertes, mais la machine de propagande allemande en a fait une défaite héroïque.
Le Studentenfriedhof, c'est-à-dire le "cimetière des étudiants" à Langemark réunit 44.324 corps de soldats allemands tombés dans la région durant la Première Guerre mondiale.
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Les 3 grands affrontements :
Langemark-Poelkapelle a souffert terriblement pendant la Première Guerre mondiale.
Pendant quatre ans, elle a été le décor d’une guerre et a été complètement détruite.
1-Ypres
Durant la première bataille d'Ypres en octobre-novembre 1914, le mythe de Langemarck est apparu en Allemagne après que de jeunes volontaires et étudiants eurent emporté des batailles héroïques. Les combats avaient déjà eu lieu à Bikschote, mais Langemark a été choisi parce qu'il sonnait plus allemand.
Le nom "StudentenFriedhof" pour le cimetière militaire allemand de Langemark-Poelkapelle y trouve son origine.
2-Attaque chimique au chlore
Le 22 avril 1915, lors de la deuxième bataille d'Ypres, entre Poelkapelle et Bikschote, pour la première fois dans l'histoire du monde, une attaque chimique à grande échelle a été menée. Les Allemands utilisaient un gazeux chlore qui dérivait avec le vent dans la direction des troupes alliées.
Les troupes territoriales françaises (87 DIT) , les troupes canadiennes (1 er Division)) et les troupes de la 45e Division Algérienne du général Quiquandon sont d'abord entrées en contact avec cette arme de destruction massive, mais elles ont réussi à limiter les trous dans les lignes, pendant les jours qui ont suivi.
3-Passchendaele
Langemark-Poelkapelle fut encore une fois le décor pour la troisième bataille d'Ypres, qui débuta le 31 juillet 1917. Avant la bataille, les villages étaient continuellement bombardés d'obus qui les détruit complètement. Il ne restait plus qu'un paysage de cratères remplis avec de l’eau et de ferraille.
100 jours plus tard, les Alliés ont atteint Passchendaele.
Participation du 87 DIT au conflit
1-Le 87 DIT participa à la bataille des Flandres en octobre-novembre 1914.
Il était positionné à la hauteur de Bixschoote, face au 26 ème Corps de Réserve, IV ème armée allemande.
C'est au lieu-dit Korteker entre Bixschoote et Langemarck que mon grand-père fut blessé le 10 novembre 1914 et décéda de ses blessures, le 25 novembre à Cherbourg.
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Front en octobre-novembre 1914
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2-Le 87 DIT subira la première attaque au gaz, le 22 avril 1915.
Les troupes du 87 DIT, de la 1er Division canadienne, de la 45e Division Algérienne du général Quiquandon seront les victimes des premières attaques d'un gaz (chlore) qui deviendra tristement célèbre sous le nom d'ypérite en 1917.
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Zone de l'expansion de chlore en 1915
Le cimentière militaire allemand de Langemarck
Description 1
Le cimetière militaire allemand de Langemark (ou Deutscher Soldatenfriedhof Langemark) couvre une superficie d'environ 3,5 hectares (soit approximativement 35 000 m²).
Voici quelques éléments clés pour mettre ce chiffre en perspective :
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Capacité impressionnante : Malgré sa taille relativement contenue par rapport à certains cimetières du Commonwealth, il accueille les restes de 44.324 soldats de la Première Guerre mondiale.
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La Fosse Commune (Kameradengrab) : Cette forte densité s'explique par la présence d'une immense fosse commune centrale où reposent près de 25.000 corps (dont environ 17.000 n'ont jamais pu être identifiés).
Robert Tischler était l'architecte en chef du VDK (Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge — le Service pour l'entretien des tombes de guerre allemandes) de 1926 à 1959. C’est lui qui a défini l'esthétique caractéristique des cimetières militaires allemands de cette époque :
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Style "Forteresse" : Il a privilégié une architecture sobre, massive et sombre, utilisant souvent du grès rouge et du basalte pour créer une atmosphère de recueillement et de solennité.
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Intégration paysagère : Tischler a conçu le site pour qu'il se fonde dans la nature, avec une végétation dense et des chênes, symboles de la force et de l'identité allemande.
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Le VDK (Volksbund) : C'est l'organisme qui a financé et supervisé les travaux de regroupement et d'aménagement dans les années 1930.
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Le sculpteur : Le groupe statuaire célèbre situé à l'arrière du cimetière, représentant quatre soldats en deuil, est l'œuvre du sculpteur munichois Emil Krieger. Il a été ajouté lors de l'inauguration officielle en 1932.
Note historique : Le site a été inauguré le 10 juillet 1932. Il a subi d'autres modifications après la Seconde Guerre mondiale (notamment entre 1971 et 1984) pour accueillir les corps provenant de nombreux petits cimetières environnants qui avaient été désaffectés, consolidant ainsi sa position de lieu de mémoire majeur.
Emil Krieger (1889-1973)
Sculpteur et graphiste allemand, principalement connu pour son travail sur la commémoration des victimes de guerre. Son style se caractérise par une forme de réalisme solennel et une grande capacité à exprimer le deuil et l'introspection.
Voici les points essentiels à retenir sur sa vie et son œuvre :
Originaire de Kaiserslautern, Krieger a étudié à l'Académie des Beaux-Arts de Munich. Son travail s'inscrit dans une tradition sculpturale allemande qui privilégie les lignes épurées et les matériaux robustes (bronze, pierre). Il a su capturer l'aspect psychologique des sujets, préférant souvent la mélancolie silencieuse à la glorification héroïque.
Son œuvre la plus célèbre est sans aucun doute le groupe statuaire en bronze situé à l'extrémité du cimetière militaire de Langemark.
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Description : Quatre soldats debout, tête baissée, dans une attitude de recueillement profond.
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Impact : Contrairement à de nombreux monuments de l'époque qui célébraient la victoire, les statues de Krieger incarnent la douleur et la fraternité face à la mort. Ce groupe de bronze est devenu l'image emblématique du cimetière.
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Monuments aux morts : Après la Première Guerre mondiale, il a reçu de nombreuses commandes pour des mémoriaux en Allemagne, notamment en Bavière.
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Architecture funéraire : Sa collaboration étroite avec l'architecte Robert Tischler a permis de créer une unité visuelle entre l'aménagement paysager des cimetières du VDK (le Service des tombes de guerre) et les œuvres d'art qu'ils contiennent.
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Carrière après 1945 : Il a continué son travail de sculpteur et a enseigné à Munich. Bien que sa renommée soit principalement liée à Langemark, il a produit une œuvre variée incluant des bustes, des sculptures religieuses et des reliefs.
À noter : Les statues de Langemark ont été installées en 1932. Elles ont été inspirées par une photographie de soldats allemands en deuil devant la tombe de leurs camarades, soulignant la volonté de Krieger de rester fidèle à l'expérience humaine du soldat.
Description 2
Le cimetière militaire allemand avec ses 44 324 soldats se situe à la sortie nord de la localité, sur la route menant à Hout-hulst-Diksmuide.
L'accès aux sépultures se fait par un édifice d'entrée en grès rose de la région de la Weser. Deux pièces commémoratives se trouvent à l'intérieur. La pièce de gauche est agrémentée d'une carte de la Belgique sculptée dans du bois, qui reproduit la situation des anciens cimetières et des cimetières actuels. C'est là que peuvent également être consultés les registres nominatifs. La pièce de droite comporte, gravés sur des plaques en chêne, les noms des soldats connus, qui reposaient déjà dans ce cimetière avant que ne soit lancée la grande action de regroupement dans les années 1956 à 1958.
Lorsqu'on quitte l'édifice d'entrée, on accède par une petite cour à la grande tombe collective, où reposent les dépouilles mortelles de plus de 25 000 soldats allemands inconnus.
Le Volksbund a réussi à déterminer ultérieurement les noms de près de 17 000 victimes. Ces derniers sont coulés dans des plaques de bronze fixées sur de lourdes pierres de taille et
installées sur trois côtés de la tombe collective. A l'arrière-plan, on distingue un groupe de quatre soldats affligés, coulés dans le bronze, une œuvre du sculpteur Emil Krieger.
Le carré militaire proprement dit est planté de chênes et entouré d'un rempart précédé d'un fossé.
Le « Deutscher Soldatenfriedhof » à Langemark est particulièrement poignant par la puissance de la simplicité. Derrière la porte monumentale du grès rose de Weserberg sont enterrés plus de 44.000 Allemands, dont près de 25.000 sont enterrés dans une fosse commune. Plus de 3.000 étudiants volontaires du 22e au 27e corps de réserve ont trouvé leur dernier lieu de repos ici.
Ils sont morts en octobre et novembre 1914 lors d'attaques répétées lors de la première bataille d'Ypres. En raison du grand nombre d'étudiants parmi ces bénévoles, le cimetière a reçu le nom de 'Studentenfriedhof',
le "cimetière des étudiants".
Historique
D'octobre à novembre 1914, la première bataille des Flandres a fait rage pendant la Première Guerre mondiale. Une attaque allemande particulièrement meurtrière eut lieu le 10 novembre près de l'ancien village de Langemark. Les régiments qui y participèrent étaient en grande partie composés de jeunes volontaires de guerre. L'Oberste Heeresleitung (OHL) a transformé la mort massive des soldats en "mythe de Langemark".
Lors de la première bataille d'Ypres (1914), pendant la Première Guerre mondiale, l'infanterie allemande, inexpérimentée, subit de lourdes pertes lors d'une attaque frontale infructueuse contre les positions alliées près de Langemark. Elle fut repoussée par l'infanterie française aguerrie et les fusiliers britanniques. Contrairement à une idée reçue, seulement 15 % des soldats allemands engagés dans la bataille de Langemark étaient des écoliers ou des étudiants.
La légende raconte que, lors de leur charge, les fantassins allemands entonnèrent le premier couplet de ce qui deviendra plus tard (1919) leur hymne national : « Deutschland, Deutschland über alles ».
A la fin de la Première Guerre mondiale, il y avait en Belgique des cimetières militaires allemands dans 678 communes et quartiers, 15 grands sites se trouvaient dans la localité de Langemark. Le cimetière a été créé en 1915 à partir d'un petit groupe de tombes. Le nombre de cimetières allemands fut considérablement réduit à la demande du gouvernement belge. en 1919/20, le service des sépultures belge regroupa les soldats allemands tombés à Langemark et supprima les installations existantes.
Le cimetière militaire allemand de Langemark fut officiellement inauguré le 10 juillet 1932. Entre 1956 et 1958, les soldats allemands tombés dans les 128 cimetières encore existants ont été regroupés dans les trois cimetières militaires allemands de Langemark, Menen et Vladslo en Flandre.
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Édifice d'entrée en grès rose de la région de la Weser.
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L'un des ensembles de triples croix de basalte-lava.
Plusieurs groupes de trois croix de basalte-lava ont été placés dans le terrain comme une caractéristique architecturale. Les trois croix reflètent le motif du groupe de croix de taille différente utilisé par le VDK depuis les années 1920. Le motif lui-même comprenait cinq croix.
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Sculpture en bronze, Soldats en deuil
En 1956, le Pr. Emil Krieger aménagea quatre sculptures en une œuvre qu’il a intitulée Trauernde Soldaten (Soldats pleurant).
Cet artiste s’était inspiré d’une photo bien connue où des soldats du Rheinische Reserve-Infanterieregiment Nr. 258 se recueillent devant la sépulture d’un frère d’armes récemment tué.
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Il s’agit du premier recueillement brut, celui de pleurer la mort au front, et ce, bien avant que la famille en soit avertie.
Diaporama de photos
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