Le couple pendant la Grande Guerre
Mots-clés :
couple, Grande Guerre, femmes, conjoints, sexualité,
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De très nombreux écrits évoquent les relations hommes-femmes et les réactions des conjoints confrontés à l’épreuve de la guerre.
La fidélité des femmes ou leur penchant pour l’adultère, l’amour vainqueur de la guerre ou les antagonismes issus du conflit, le courage et les larmes des femmes lors du départ de leurs conjoints, l’union ou l’incompréhension profonde entre les sexes, le partage et la solitude des cœurs, sont autant de lieux communs répandus, décrits et répétés par les contemporains de la guerre.
En somme, le couple est plongé pendant la guerre au cœur d’un système de représentations.
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Le thème de l’entrée en guerre des couples est, par exemple, largement exploité par les contemporains qui racontent le départ des mobilisés et les réactions de leurs compagnes.
Au mois d’août 1914, le quotidien Le Temps consacre plusieurs articles à la description des scènes de séparation des couples lors de la mobilisation :
« Des femmes accompagnaient leurs maris, leurs frères, leurs fils, et si leurs yeux étaient mouillés de larmes, on sentait à leur allure qu’elles aussi étaient résolues et qu’aucune parole de découragement ne viendrait d’elles », peut-on lire le 3 août 1914.
Et le lendemain : « Si l’on voyait quelques larmes aux yeux des femmes, on entendait des paroles d’adieux qui ne laissaient aucun doute sur leur sentiment et leur résolution ».
Lire le document :
S’aimer, dire et faire l’amour, en temps de conflits, tout est bouleversé. La séparation d’abord, puis les événements militaires et leurs multiples conséquences soumettent l’intimité des couples à rude épreuve et perturbent les pratiques amoureuses et sexuelles.
On s’écrit, on fantasme, mais l’absence génère des situations exceptionnelles. La sexualité sous ses formes les plus diverses préoccupe les autorités qui tentent d’en contrôler les pratiques (conjugalité, adultère, homosexualité, prostitution…) ; elle devient une affaire d’Etat.
Malgré la guerre et les difficultés, certains couples parviennent à se retrouver ; d’autres se forment au hasard des déplacements de troupes, des rencontres et des cohabitations, parfois même entre nations ennemies.
La sexualité sert aussi d’arme pour agresser l’ennemi et pénètre au cœur du conflit. Les sévices sexuels sont pratique courante sur les théâtres d’opération, atteignant physiquement et moralement les individus dans leur intimité (viols, mutilations, prostitution forcée, femmes tondues…)
Et lorsque le conflit prend fin, comment l’amour et la sexualité reprennent-ils leur cours ? La guerre imprègne l’identité même des individus, la paix ne permet pas toujours un retour à l’état antérieur.
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Le Temps, 3 et 4 Août 1914
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