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Calvaire, Ovillers-la-Boisselle, Augustin de Boisanger, Bretagne,

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Le calvaire breton d'Ovillers-la-Boisselle

Le 17 décembre 1914, les Poilus bretons du 19 ème RI se faisaient décimer en attaquant les positions allemandes d’Ovillers-la-Boisselle. L’un de leurs officiers, le lieutenant Augustin de Boisanger, grièvement blessé, refusait alors de se laisser évacuer par ces mots : "je n’abandonne pas mes Bretons". Les combats terminés , les Allemands inhumèrent les corps d’Augustin et de plusieurs de ses camarades et faisaient parvenir à leur famille la localisation de cette sépulture. C’est en ce lieu, qu’en 1924, la famille de Boisanger fit ériger un calvaire typiquement breton en mémoire d’Augustin et de ses camarades.

Breton par les bourgeons et les rameaux ornant le fut et les bras de la croix, breton par la pierre de Kersaint utilisée pour sa réalisation, ce monument rappelle ce que fut le sacrifice de tous ces hommes.

Aujourd’hui grâce au dévouement de la famille Boisanger, à la région Bretagne, à la mairie de Landerneau et à celle d’Ovillers et au travail de la Somme Remembrance Association, le calvaire a retrouvé son éclat initial et a été ré-inauguré le 08/10/2011.

L'attaque d'Ovillers-la-Boisselle est confiée au 19e régiment d'infanterie de Brest qui doit prendre Ovillers et au 118e régiment d'infanterie de Quimper qui attaque La-Boisselle. Ces deux régiments étaient à recrutement presqu'exclusivement finistériens à ce moment, le 19e recrutait aussi dans l'Ouest des Côtes d'Armor .
L'ennemi connaissant le projet de l'attaque a renforcé ses effectifs en première ligne. Malgré cela, le commandement maintient l'offensive sans préparation d'artillerie.
A 6 heures du matin, le 17 décembre, les soldats du 19e régiment d'infanterie s’élancent à l'attaque d'Ovillers.
L’assaut déclenche la riposte de l'ennemi qui écrase les hommes sous une fusillade intense et un terrible bombardement qui les clouent sur place. Plus de la moitié des hommes qui tentent de se replier vers l'arrière est tuée sur place.
L’échec est total et sanglant. Plus de 800 hommes du 19e régiment d'infanterie seront tués, blessés, disparus ou faits prisonniers ce jour-là.
Un calvaire breton est érigé à La Boisselle suite à ce jour.

http://bastien80.e-monsite.com/pages/album-photo/le-calvaire-breton-d-ovillers-la-boisselle.html

Le 17 décembre 1914, les soldats bretons mènent une offensive à Ovillers et la Boisselle, l’attaque tourne mal et se solde par un échec. Le bilan des pertes est terrible : 19 officiers, 1 138 sous officiers et soldats seront tués, blessés ou fait prisonniers. Le 19e Régiment d’infanterie est décimé.
Parmi les officiers tués, le Lieutenant Augustin de Boisanger fut mortellement blessé. Encore conscient sur le champ de bataille, ses hommes insistent pour le secourir et
l’éloigner des combats.

Le lieutenant refuse et déclare :

« Je n’abandonne pas mes bretons ».

Il décédera de ses blessures aux cotés de nombreux soldats ayant combattu sous ses ordres. Érigé et inauguré en 1924, le calvaire breton d’Ovillers rappelle la mémoire du lieutenant et des soldats du 19e RI tombés dans la plaine picarde lors de l’attaque du 17 décembre 1914.

Lieutenant Augustin de Boisanger 

 Augustin

Portrait du Lieutenant Augustin de Boisanger

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Bataille ovilliers

Monument aux morts St-Urbain

Elève à Saint François Xavier. Elève de l'école Sainte Geneviève, il se prépare à Saint-Cyr, mais à 20 ans sa santé le force à abandonner sa carrière militaire.
Sous l'influence de son père, il avait été initié dès sa jeunesse aux questions économiques et sociales.
Secrétaire du syndicat agricole de Daoulas. Il groupe dans un Office Central les syndicats agricoles du Finistère. " Travailler pour Dieu et pour la France ", telle est sa devise.
Il refuse en 1913 la candidature à la députation de la 2ème circonscription de Brest, pour se livrer tout entier à cette oeuvre de paix sociale.
LH posthume, croix de guerre, Lt au 19° d'Infanterie.

Citation :

"Brave entre les braves; toujours en première ligne avec ses hommes, qui avaient pour lui un véritable culte. Blessé en tête de sa compagnie, le 17 décembre 1914, au combat d'Orvillers-la-Boisselle, répondait à ses camarades qui le pressaient de se laisser évacuer : "Un Boisanger n'abandonne pas ses bretons".

Tombé glorieusement quelques instant après. A été cité.

Citations à l'ordre du jour.

"Augustin Bréart de Boisanger, lieutenant de réserve au 19e d'infanterie, a fait preuve dans de nombreuses circonstances d'un sang-froid et d'une adresse remarquables, particulièrement dans les multiples patrouilles qu'il a tenu à diriger lui-même, et est allé relever le corps d'un sergent à une faible distance des tranchées allemandes."
"A pris le commandement de sa compagnie après que son capitaine eut été blessé et s'est porté à l'assaut à la tête du premier peloton de sa compagnie pour reprendre le blockaus d'Orvilliers ; est tombé dans la mêlée qui a suivit."

Extrait du Bulletin des Syndicats réunis de agriculteurs du Finistère, 19 février 1915.

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Le Courrier picard, 14 décembre 2014

Bagdad Lamderneau

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Plus de 1.157 soldats bretons sont morts à Ovillers, le 17 décembre 1914.

La petite commune d’Ovillers a revêtu les couleurs de la Bretagne, samedi 17 décembre 2014, en souvenir des soldats bretons morts dans le village durant la Grande guerre. C’était il y a cent ans.

« Ce matin-là, le 17 décembre 1914, les Bretons du 19e Régiment d’infanterie gisaient au sol. Ils avaient perdu la bataille. Mais l’officier allemand en face n’a pas voulu les achever, au contraire. Il leur a proposé à plusieurs reprises de se rendre. Il s’est lui-même avancé sur le front, sans arme, pour les inviter à se rendre. Il en a sauvé une centaine comme ça. C’est lui aussi qui a enterré tous les morts le soir dont mon grand-oncle, le lieutenant Augustin de Boisanger », souffle, dans l’air frais, Yves de Boisanger. L’homme veut se souvenir de cette journée tragique à l’emplacement même où son ancêtre a été enterré et où aujourd’hui, un Calvaire breton a été construit.

S’il fait référence à ce lieutenant allemand, c’est aussi parce qu’il croit profondément à la paix et à la fraternité retrouvée avec les Allemands. « C’est pour cela qu’il y a une délégation allemande aujourd’hui. C’est une cérémonie pour se souvenir bien sûr mais aussi pour préserver la paix dans l’avenir », insiste-t-il.

Et en effet, le défilé devant les tombes du carré breton comptait de nombreuses nationalités. Allemands, mais aussi Australiens et Canadiens étaient présents. Parmi les Bretons, les musiciens du bagad de Landerneau sont venus en nombre défiler dans les rues de la commune. Ils étaient accompagnés du Samarobriva pipes & drums. « C’est important pour nous de se déplacer aujourd’hui. Cette bataille est connue chez nous, le 19e régiment d’infanterie était basé à Landerneau. Nous n’oublions les jeunes bretons morts loin de chez eux », confie Loïc Pezennec qui dirige le bagad.

V. G

Carré militaire Breton, Albert

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Les Bretons du 118ème RI de Quimper, arrivés dans la nuit du 28 au 29 septembre 1914 à la lisière du bois d'Aveluy, y livraient leur premier combat dans la Somme tandis que le 19ème RI de Brest se battaient, les 6 et 7 octobre, dans la région de Thiepval. Ces deux régiments bretons devaient d'ailleurs s'illustrer par la suite, le 17 décembre 1914, lors de leur attaque conjointe sur Ovillers et sur La Boisselle.

A la fin de l'année 1914, Ovillers, La Boisselle, Thiepval et la Ferme du Mouquet mais aussi Beaumont-Hamel étaient des lieux synonymes de combats menés de haute lutte pour les Français avant de devenir, au cours de la Bataille de la Somme de 1916 et jusqu'à nos jours, les symboles du sacrifice des troupes britanniques et de celles de leurs dominions.

Le carré breton édifié dans le cimetière communal d'Albert se distingue par une haie qui l'entoure et le délimite, il contient cent quinze tombes. En majorité, ces tombes sont celles des hommes du 19ème et du 118ème RI, des combattants morts en majorité à Ovilliers-La Boisselle mais aussi à Albert, des suites de leurs blessures, de l'automne 1914 à l'été 1915.

Une petite stèle, à l'entrée de ce carré, rappelle d'ailleurs leur engagement, on peut y lire "A nos soldats bretons 1914 1918".