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Commune, Louise Michel, Adolphe Thiers, Gustave Courbet, Georges Darbois, semaine sanglante, colonne Vendôme, incendies, ruines, chansons, femmes, Rosa Bordas,

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Portraits et caricatures de communards72 jours commune de Paris

Les 72 jours de Commune de Paris

La Commune de 1871 est un événement historique dont les prolongements ont été importants dans l'histoire politique et sociale de la France, et aussi d'autres nations européennes.

C'est sans doute, avec l'affaire Dreyfus, l'un des moments de notre histoire qui ont suscité le plus de controverses  passionnées.

Définition de Commune :

Ce terme désigne :

  • Les villes qui, pendant le moyen âge, réussirent, soit, le plus souvent, par force,soit pécuniairement, à arracher leur émancipation à leurs seigneurs et à assurer l'autonomie plus ou moins complète de leur municipalité.
  • La municipalité de Paris, constituée en juillet 1789, et la «Commune insurrectionnelle de Paris», qui se substitua, le 10 août 1792, aux autorités existantes, assura le triomphe de la Révolution, et disparut lors de la chute de Robespierre, le 9 thermidor, an II (27 juillet 1794).
  • La « Commune de Paris » de 1871, mouvement insurrectionnel du prolétariat parisien consécutif à la guerre franco-allemande qui vécut du 18 mars au 28 mai 1871, et fut noyé dans le sang par l'armée versaillaise.

Chronologie 

Chrono commune Paris

1870 :

  • 19 Juillet, La France de Napoléon III déclare la guerre à la Prusse.
  • 2 Septembre, Capitulation de Napoléon III à Sedan. L'empereur est fait prisonnier par l'armée prussienne.
  • 4 Septembre, A Paris Gambetta et Favre proclament la République à l'Hôtel de Ville et forment un gouvernement de la Défense nationale.
  • 19 Septembre, Début du siège de Paris par les Prussiens et leurs alliés.

1871 :

  • 28 Janvier, Signature de l'armistice à Versailles.
  • 8 Février, Élection de l'Assemblée nationale. Victoire des monarchistes tandis que Paris vote républicain.
  • 17 Février, Thiers est nommé chef de l'exécutif par l'Assemblée nationale qui siège à Bordeaux avant de s’installer à Versailles.  
  • 18 Mars, Thiers tente de faire enlever les canons de la Garde nationale. C’est un échec, des barricades sont dressées. Le gouvernement Thiers fuit à Versailles. Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville.
  • 22 Mars - 4 Avril, Communes à Lyon, Marseille, Narbonne, Toulouse, Saint-Étienne, Le Creusot.
  • 26 Mars, Élection de la Commune de Paris, officiellement proclamée le 28 mars à l'Hôtel de Ville.
  • 21 - 28 Mai, Semaine sanglante. Des dizaines de milliers de soldats et de civils sont tués par l'armée « versaillaise » qui reprend Paris.
  • 27 Mai, Derniers combats au Père-Lachaise ; 147 insurgés fusillés au « mur des Fédérés ».

1873 : 

  • L'érection d'un sanctuaire à Montmartre est déclarée d'utilité publique.

1879 :

  • Loi d'amnistie partielle des communards.

L'amnistie aux Communards condamnés se fit attendre jusqu'en 1879.

Le mouvement socialiste français fut brisé jusqu'à cette date. Mais le retentissement de la Commune se prolonge jusqu'à nos jours (manifestations annuelles au Mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise).

1880 :

  • Mai, Première commémoration au mur des Fédérés.

1881 :

  • Arrivée en France des derniers convois des déportés de Nouvelle-Calédonie.

Chrono Commune1

Chrono Commune2

Le Paris de la Commune 1871Proclamation de la Commune

27 mars 1871, proclamation de la Commune à l'Hôtel de Ville

proclamation commune

Candidats Commune

Portraits communards

Commune barricades

La Fr occupée1

La Fr occupée2

 Corbeil Expo 21 commune

 Commune le peuple est le maitre    Commune71

 La Commune carte

 carte commune

 Commune Aff déclaration

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 la Commune décrète

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Semaine sanglante, 21 au 28 mai 1871

Le 21 mai, Thiers annonce “la répression du brigandage anti-social”. L’après-midi, les
Versaillais entrent dans Paris. Les communards sont presque soulagés, ils croient être
invincibles dans la guerre de rues.

En fait, ce qu’on appellera la “semaine sanglante” commence.

En deux jours 1/2, la moitié ouest de Paris, les quartiers riches, est prise. Le Comité de
salut public, le Conseil de la Commune et le Comité central de la garde nationale se gênent
les uns les autres. Le Conseil évacue l’Hôtel-de-Ville et se replie mairie du 11ème, dans l’Est.

Paris est en flammes. On se bat un contre douze. Les allemands, qui ont dès le début fait passer les Versaillais par la zone neutre au nord de la ville – que les communards ne protégeaient pas –, se portent maintenant en avant des forts de l’Est et bouclent Paris de la Seine à la Marne. À la surprise générale, resserrés à Belleville et Ménilmontant, chez les ouvriers, les fédérés qui n’ont plus qu’une petite équipe de chefs, tiennent encore deux jours et demi.

Le 28 mai à 13 heures, tout est fini. Le maréchal Mac-Mahon proclame : “Habitants de
Paris… l’ordre, le travail vont renaître”…

Semaine sanglante

Conséquence : la répression

On massacra plus de parisiens désarmés que pendant la Semaine sanglante. Avec les
15 000 morts aux avant-postes avant le 20 mai, cela fit plus de 20 000 morts du côté
populaire. Tout le monde repensait à la St Barthélemy des réactionnaires féodaux 300 ans
plus tôt (1572) ; en plus grand.

Une grande revue militaire fut organisée par les Versaillais.

Sous l’oeil des Prussiens, Thiers s’écria : “Notre armée a vengé ses désastres militaires par une victoire inestimable”. Par contre, des réunions ouvrières monstres se déroulaient dans toute l’Europe en l’honneur des vaincus. 

Les soldats, excités par de sinistres “brassardiers” civils, raflèrent 40 000 personnes en
10 jours. Ceux qui n’étaient pas abattus sur place étaient traînés à Versailles, puis reversés
sur les côtes atlantiques dans des wagons à bestiaux. 26 conseils de guerre jugèrent 36 000
détenus, traités d’assassins, voleurs et incendiaires. Le pape s’en mêlait, appelant les
communards des “échappés de l’enfer”. Il y eut jusqu’à un procès de 15 enfants, de 11 à 16 ans.

Sur près de 15 000 condamnés, 270 furent envoyés au poteau d’exécution, 4000 déportés au bagne de Nouvelle Calédonie. À cela s’ajoutent les milliers d’exilés volontaires, les dizaines de milliers de blessés et de familles se retrouvant sans soutien.

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Journal du 23 mai 1881

Adolphe Thiers, 1797 - 1877, premier président de la III ème République

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A Thiers bio

Adolphe Thiers a pris figure, en 1871, de bourreau de la Commune. Né à Marseille en 1797, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères sous Louis-Philippe, grand journaliste, historien de la Révolution et de l'Empire, il fut député de l'opposition sous Napoléon III, se posant en libéral, réclamant les « libertés nécessaires ». Hostile à l'expédition du Mexique, il s'oppose aussi à la guerre contre la Prusse en 1870, tout en votant les crédits militaires pour ménager ses arrières.

Après la défaite de Sedan, il joue un rôle d'émissaire dans les cours européennes.

Réélu député aux élections de février 1871, il est porté, comme « chef de l'exécutif », à la tête d'un gouvernement composite de monarchistes, de bonapartistes et de républicains. C'est ce gouvernement qui doit affronter l'insurrection du 18 mars 1871. Pris de court, il se replie à Versailles, où se réunit l'Assemblée nationale le 20 mars. De là il entreprend la reconquête de la capitale.

Après l'écrasement de la Commune, il aura à assumer l'accablant traité de Francfort, qui prévoit le paiement d'une indemnité de 5 milliards de francs ainsi que la perte de l'Alsace et de la Moselle. Mais, dès 1873, il obtient de l'Allemagne un départ anticipé de ses troupes - ce qui lui vaudra le surnom de « libérateur du territoire ».

Devenu, le 31 août 1871, le « président de la République », il opte pour une « république conservatrice », ce qui provoque sa mise en minorité par les monarchistes. Ses obsèques, en 1877, en pleine « crise du 16 mai », sont suivies par une foule immense, inscrivant son nom au rang des fondateurs de la IIIe République.

THIERS, BOURREAU DE LA COMMUNE ? (L’HISTOIRE)

Caricature Thiers4    Caricature Thiers3

Caricature Thiers    Caricature Thiers1

 La commune 31

thiers par Gill

Thiers a qui le tour

 A qui le tour ?

 Père Duchène Thiers

grelot Thiers

Thiers consolidé

 Commune Thiers

Georges Darbois (1813-1871), Archevêque de Paris. Otage de la Commune.

Fusillé le 24 mai 1871.

Mgr Darbois

  Arche Darboy    Darboy3

Darboy

En avril 1871, la Commune propose l’échange de l’archevêque de Paris, contre le vieux révolutionnaire Auguste Blanqui retenu prisonnier à Versailles. Les négociateurs versaillais manifestent peu d’empressement à répondre aux propositions des autorités parisiennes. La Commune réitère son offre à plusieurs reprises. Elle en change même les termes puisque, le 14 mai 1871, elle propose de libérer les soixante-quatorze otages qu’elle retenait à Paris contre la libération du seul Blanqui.

Thiers refuse la proposition, tandis que son secrétaire Barthélemy Saint-Hilaire ajoute : « Les otages ! Les otages, tant pis pour eux ! » Et si Versailles reprend ses massacres de blessés et de prisonniers, la Commune n’applique d’abord pas son décret. Ce n’est qu’avec la « Semaine sanglante » que Théophile Ferré (1846-1871) signe finalement l’ordre d’exécution de six otages, qui sont passés par les armes le 24 mai dans une cour de la prison de la Roquette.

Darbloy en prison

Crime de la Commune

L’archevêque de Paris, Georges Darbois est le 1 er à gauche, bras levé. 

Assassint Darbois3

Louise Michel, 1830 - 1905, institutrice, ... et les autres

Durant la Commune elle s'investit dans le Comité de vigilance des femmes de Montmartre, préside régulièrement les réunions du Club de la révolution, rédige des articles pour Le Cri du peuple et combat au côté du 61e bataillon de la Garde nationale.
Déportée en Nouvelle-Calédonie, où elle reste sept ans, elle étudie les Kanaks en ethnographe et traduit leurs légendes et leurs chants de gestes ; et, lors de la grande révolte de 1878, elle soutient la cause des colonisés.

Auteure de nombreux romans, poèmes et pièces de théâtre, elle n'a cessé de théoriser le féminisme, l'anarchisme et l'anti-impérialisme. Après sa libération, elle voyage et tient des discours dans toute l'Europe et même en Algérie. Autodidacte iconoclaste, Louise Michel a consacré sa vie à combattre les inégalités de genre, de classe et de race » (L’HISTOIRE)

Louise Michel portrait    L Michel

Louise Michel affiche

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Nouv Calédonie

 Louise Michel retour

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 Commune Louise Michel

Louise Michel  bio

 Louise Michel Petit Journal       Louise Michel Le Matin

 Le Petit Journal, 5 janvier 1905                   Le Matin, 5 janvier 1905

Divergence d'opinions en ce qui concerne les femmes : « pétroleuses » débauchées pour les uns qui leur imputent l'incendie de Paris ; héroïnes admirables, pour les autres qui brandissent comme un drapeau la figure de l'institutrice Louise Michel, laquelle a d'ailleurs forcé l'estime de ses juges par sa droiture et son courage.

La commune 33    La commune 32

                                                           Louise Michel

Commune tableau

 Vive la Commune !

Dessin de Felix Régamey (1844-1907)

The Illustrated London News, 20 mai 1871

Femmes de la Commune

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 André Léo

 André Léo (1824-1900), de son vrai nom Victoire Léodile Béra,

est une des rares femmes à avoir participé à la Commune et à avoir écrit des livres sur les différents types d'inégalités (entre hommes et femmes...).

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Interrogatoires d’Hortense David,

dite Machu, 36 ans, Versailles, 6 mars et 4 avril 1872.

Pointeuse de métier, Hortense David est condamnée à perpétuité par le Conseil de guerre pour avoir participé :aux combats au sein de l’artillerie.

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Procès-verbal d’interrogatoire de Coralie Chérelle, 27 ans, Versailles, 7 octobre 1871.

Coralie Chérelle, originaire du Loiret, est fabricante de casquettes et cantinière à la Garde nationale. Vivant en concubinage avec un communard, enceinte de quatre mois, elle nie toute participation aux incendies et aux combats.

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Elisabeth Deguy, 39 ans, interrogatoire à Paris le 26 juillet 1872. 

Condamnée à la déportation pour sa participation aux combats de la Commune, Élisabeth Deguy, ancienne prostituée, forme un recours en grâce.

C’est l’occasion d’établir de nouveaux rapports sur elle, à partir des témoignages recueillis lors du procès.

 Marchais Josephine

 Joséphine Marchais (ou Marché), 32 ans, interrogatoire à Versailles, 17 août 1871.

Née à Blois en 1840, célibataire, journalière vivant dans le quartier de Charonne, Joséphine Marchais participe à la Commune comme vivandière au bataillon des enfants perdus. Elle y côtoie son compagnon, Jean Guy, garçon boucher.

Le 22 mai 1871, avec le 135e bataillon fédéré de Belleville, elle occupe les rues de Solférino, de Lille et le bâtiment de la Légion d’honneur. Accusée d’avoir incendié plusieurs bâtiments, elle est condamnée à mort. Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité au bagne de Cayenne.

Menan7

Anne-Marie Ménand, 34 ans, interrogatoire à Versailles, 11 mars 1872. 

Née en 1837 à Saint-Séglin (Ille-et-Vilaine), Anne-Marie Ménand est cuisinière.

Elle est cantinière pendant la Commune et participe aux barricades lors de la Semaine sanglante. Condamnée à mort par le Conseil de guerre, elle voit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité en Guyane. Elle forme un recours en grâce en 1872.

Papavoine    Commune Papavoine

Eulalie Papavoine, interrogatoire à Versailles, 26 juin 1871.

Eulalie Papavoine est née à Auxerre (Yonne) en 1846. Célibataire et mère d’un enfant, elle est couturière de métier. Elle sert comme ambulancière au 135e bataillon fédéré de Belleville où est engagé son compagnon, Ernest Balthazar. Elle participe aux combats de Neuilly, Issy, Vanves et à ceux qui se déroulent dans le quartier du palais de la Légion d’honneur. Accusée d’avoir incendié ce bâtiment, elle est condamnée à mort pour sa participation aux combats.
Sa peine est commuée à la déportation en Guyane.

Léontine Suetens

Léontine Suétens, née à Beauvais en 1846, est blanchisseuse.

Elle a été, par le passé, condamnée pour vol. Comme Eulalie Papavoine, elle fréquente un soldat du 135e bataillon de Belleville, participe aux mêmes combats et est également déportée à Cayenne.

Marie Moussu

Marie-Jeanne Moussu, 42 ans,

blanchisseuse, est condamnée à mort par le Conseil de guerre ; sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité aux îles du Salut (Guyane).

La police a trouvé chez elle des « papiers, journaux et chansons contenant des écrits communistes ».

Lire le document :

Commune club des femmes

Galerie d'images

 Pison la Roquette

Prison de la Roquette

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Barricade de la chaussée de Ménilmontant

commune rivoli

Barricade, rue Sedaine

commune barricade

Barricade, rue du faubourg Saint-Antoine

Commune baricade

Barricade, place Vendôme et rue de la Paix

 Commune Pt Maiilot

Barricade, porte Maillot et ruines

 Suège Hotel de Ville

Barricade à l'Hôtel de Ville de Paris

Barricade Chaussée d'Antin

Commune Morel    Commune Pilat

Commune Prost    Commune Alavoine

La colonne Vendôme

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 Colonne vendome détail

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Dessin de Flameng, dans l'année terrible de Victor Hugo

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 Place Vendome7

 Le mirliton (de Courbet) : symbole des guerres napoléonniènes.

Elle est érigée entre 1806-1810. Son fût est constitué de 98 tambours de pierre, Il est recouvert d'un parement coulé avec le bronze des canons pris aux armées russe et autrichienne (pris à Austrelitz).

La décision de sa destruction est prise le 12 avril 1871, Elle sera exécutée le 16 mai 1871.

Au pied de la colonne, un lit de fumier et de fagots a été dressé pour la recevoir. Elle s'écrasera en plusieurs morceaux.

 Commune Vendome8

 Historia, N°893, mai 2021

 Commune Col Vendome

 Pl Vendomme 17 mai

 Commune Pl vendome

 Commune Vendomme1

Commune Vendomme

 Commune Vendome6

 Commune Vendome5

Commune Vendome4

  Fiks Duchène Vendome

Eh ben ! bougre de canaille, on va donc te foutre en bas, comme ta crapoule de neveu.

Gustave Courbet

Courbet    G Courbet 6

 

Portrait Courbet7

  • Mars 1871, Paris est assiégé par la Prusse, Thiers, versaillais, refuse de se défendre.
  • La Commune de Paris commence et un gouvernement autonome est formé le 26 mars. Courbet est nommé Président de la Commission des Artistes: il souhaite dégager l'art des contingences despotiques gouvernementales, que l'artiste prenne l'initiative de ses propres directions, selon des principes de décentralisation et de fraternité.
  • Avril 1871, la commission exécutive de la Commune de Paris le charge d'ouvrir les musées parisiens et d'organiser le Salon. Il est élu au conseil de la Commune, mais comme il n'est pas garde national, il ne va pas au combat.
  • Le 12 avril, un décret sans signature annonce la future destruction de la colonne Vendôme, symbole des « glorieuses » campagnes napoléoniennes.
  • Le 15 avril, Courbet est élu délégué de la Commune du VI ème arrondissement, d'après une profession de foi où il se présente comme un républicain, révolutionnaire et socialiste depuis longtemps préoccupé par les questions sociales et politiques, opposant à l'Empire par son art et grâce au réalisme.
  • Le 13 mai, il fait mettre à l'abri les collections de bronze de Thiers. Il demande que la colonne soit déboulonnée et non détruite, en protecteur des arts qu'il est depuis sa nomination comme « président de la surveillance des musées nationaux » ou « président de la commission artistique préposée à la conservation des musées nationaux et des objets d'art » ou « président de la commission de surveillance des artistes libres »...(titres divers qu'il se donne). Il avait aussi un projet utopique, celui de lui substituer « une colonne des peuples », pacifique scellant la fraternité artistique franco-allemande..., ce qui lui valut des ennuis sans fin.
  • Le 16 mai, la colonne est sciée et abattue.
  • Le 19 mai, Courbet démissionne de sa mairie d'arrondissement mais est assesseur de Jules Vallès à la dernière séance de la Commune.
  • Le 21 mai, Thiers en accord avec Bismark lance les troupes de Mac-Mahon contre la Commune, le massacre dure jusqu'au 29 mai.
  • Le 7 juin, Courbet est arrêté par les versaillais : on lui reproche d'avoir usurpé les fonctions publiques, d'avoir détruit la colonne (alors que le décret avait été pris avant son arrivée au conseil de la Commune), il est condamné à 6 mois de prison et 500 f d'amende pour la reconstitution de la colonne + frais de procédure (6850 f).etc.
  • Le 19 juin, ses biens sont séquestrés, il n'a plus le droit de vendre ses toiles.
  • En septembre 1871, il dit à son avocat : «Depuis mon début dans la vie, j'ai appartenu à l'art, je me suis consacré à sa conservation, à son développement, à sa grandeur, dans mon pays, j'ai voulu rendre à l'art ce qu'il m'avait donné et sous tous les gouvernements, cela a été le mobile de mes actes, sans que je recherchasse une autre récompense que la satisfaction du devoir accompli(...) ».

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 Courbet caricature

L'homme qui était un jour appelé à démolir la Colonne

devait commencer par être casseur de pierres.

La commune 35

Caricature Courbet

 Fils Duchène Courbet

Courbet Le grelot

La répression sanglante

Reconquete Versaillaise

Commune reprise Versailles

 « Il reste à M. Thiers une tâche importante celle de purger Paris.

Jamais occasion pareille ne se présentera pour guérir Paris de la gangrène morale qui la ronge depuis vingt ans...

Qu'est-ce qu'un républicain ? Une bête féroce... Allons, honnêtes gens un coup de main pour en finir avec la vermine démocratique et sociale. »

Le Figaro, début juin 1871

répression commune

répression commune1    répression commune2

Commune terreur1

Commune terreur2

Commune terreur3

Commune terreur4

 piccho le triomphe de l ordre

 Ernest Picchio : Le Triomphe de l'Ordre, 27 mai 1871

Commune fusillade

 

Exécution des fédérés au jardin du Luxembourg pendant la semaine sanglante

Commune terreur5

Commune terreur6

 Commune terreur7

Commune terreur8

Paris et ses ruines

Incendies et ruines des batiments administratifs

Hotel de ville Paris3

 Incendie Hotel de Ville

Commune incendie Hotel de Ville

Hotel de ville Paris2

Hotel de ville Paris1

Hotel de ville Paris

Hotel de ville Paris4

 commune h de ville1

 Hotel de ville Paris5

 

Commune Hotel de ville 1871

Hotel de ville Paris8

 Hôtel de Ville avant incendie

 Incendie ministère des finances

Incendie du ministère des Finances

Ministère des Finances, rue Rivoli, mai 1871

 Ministère des Finances, rue Rivoli, mai 1871

Commune ministère finances

Commune Pellerin    Commune Lyon

Incendie Palais Royal

Incendie du Palais Royal

Commune Palais Royal

 Commune Mabille4

 Palais de Justice, mai 1871

 Palais de Justice

Incendie cours des comptes

Incendie cours des comptes2

Incendie cours des comptes4

Incendie cours des comptes5

Incendie cours des comptes1

La cour des comptes

    Victorine Brocher      Carjais

Victorine Brochet, auteur de Souvenirs d'une morte vivante

Huma Brochet1    Huma Brochet2

 L'Humanité, 25 novembre 1921

Voir le lien :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97623796?rk=21459;2

commune tuilleries

Tuileries 22

Les Tuileries

 commune grenier d abondance2

commune grenier d abondance1

Commune A Gaudin    commune D Bourgeois

Ruines des rues

Angle rue Rivoli rue St Martin 1871

 Angle rue Rivoli - rue St Martin

Boulevard Voltaire, 1871

 Boulevard Voltaire

Porte et boulevard St Martin

Porte et boulevard St Martin

Théâtre Porte St Martin, 1871

Théâtre Porte St Martin

Rue Royale

 Commune M Lecourt

Commune Bd St Martin

Commune Pl de la Bastille

Commune Croix Rouge

 Commune Ritta

Commune Artillerie

 

Commune rue royale

Ruines Commune

Commune ruines5

Communes ruines4

 Commune Garré    Commune Prévost

Commune Marchais    Commune Cherel

Bilan

Bilan commune

 Historia, N°893, mai 2021

Commune morts

Maximilien Luce (1858-1941) : Une rue de Paris en 1871 ou La Commune

Le peintre avait assisté à 13 ans, au massacre des communards.

Il peint ce tableau entre 1903 et 1905. Ce tableau montre les cadavres d'une femme et de fédérers, près d'un tas de pavés. Les volets clos renforcent l'impression d'un silence de morts.

Ed Manet cadavres communes

 

La Guerre Civile, 1874

Cadavres de Fédérés à la Madeleine, Edouard Manet

Lire les documents :

Commune Les prussiers dans Paris

Commune Francs fileurs

Commune photos

Commune changer le monde

Commune club des femmes

Commune la vie continue

Histoire, la Commune a 150 ans

Paris commémore les 150 ans de la Commune

Chants de la Commune

Ces chants souffleront le « véritable esprit de la Commune », celui de la révolte des plus démunis et l’appel à un nouvel ordre social.

Les personnalités marquantes et les grands évènements de cette période seront au coeur des créations des chansonniers, tels que Jean-Baptiste Clément et Eugène Pottier. Après la chute de la Commune, on continuera à chanter ses héros et ses drames mais aussi les espoirs déçus.

Ces chants seront souvent de véritables « instantanés » des évènements heureux ou malheureux de la Commune, mais aussi les porteurs d’un espoir partagé par tous les plus défavorisés : celui de l’avènement d’un monde nouveau.

La Semaine sanglante, 1871

Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes en larmes ;
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux même sont tremblants,
La mode est au conseil de guerre
Et les pavés sont tout sanglants.

Refrain : Oui mais...
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront !
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront ! (bis)
Les journaux de l’ex-préfecture,
Les flibustiers, les gens tarés,
Les parvenus par aventure,
Les complaisants, les décorés,
Gens de Bourse et de coin de rues,
Amants de filles aux rebuts,
Grouillent comme un tas de verrues,
Sur les cadavres des vaincus.

Refrain.

On traque, on enchaîne, on fusille
Tout ce qu’on ramasse au hasard ;
La mère à côté de sa fille,
L’enfant dans les bras du vieillard.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouge
Valets de rois et d’empereurs.

Refrain.

Nous voilà rendus aux jésuites,
Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup,
Il va pleuvoir des eaux-bénites,
Les troncs vont faire un argent fou.
Dès demain, en réjouissance,
Et Saint-Eustache et l’Opéra
Vont se refaire concurrence,
Et le bagne se peuplera.

Refrain.

Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail, et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.

Refrain.

Demain les manons, les lorettes
Et les dames des beaux faubourgs
Porteront sur leurs collerettes
Des chassepots et des tambours.
On mettra tout en tricolore,
Les plats du jour et les rubans,
Pendant que le héros Pandore
Fera fusiller nos enfants.

Refrain.

Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ?
Jusques à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé ?
Jusques à quand la Sainte clique
Nous croira-t-elle un vil bétail ?
À quand enfin la République
De la Justice et du Travail ?

Refrain.

(Jean-Baptiste Clément écrivit cette chanson tandis qu’il était caché à Paris, entre le 29
mai et le 10 août 1871 ; il la dédia “Aux fusillés de 71”.

L’air est celui du “Chant des paysans” de Pierre Dupont.)

L’Internationale, 1871

Lefrançais portrait

Au citoyen Gustave Lefrançais, membre de la Commune

C’est la lutte finale :
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale
Sera le genre humain.

Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Il n’est pas de sauveurs suprêmes :
Ni Dieu, ni César, ni tribuns,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

L’État comprime et la loi triche ;
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche ;
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’Égalité veut d’autres lois :
“Pas de droits sans devoirs dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits !”

Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail :
Dans les coffre-forts de la bande
Ce qu’il a créé est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

Les rois nous soûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Ouvriers, paysans nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais, si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

C’est la lutte finale :
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale
Sera le genre humain.

Eugène Pottier, Paris, juin 1871

Caché dans une mansarde de Montmartre, Eugène Pottier écrit l’Internationale en juin 1871, pendant la répression versaillaise.
L’Internationale fut imprimée l’année de la mort de Pottier, en 1887. L’année suivante, le compositeur ouvrier Pierre Degeyter en écrit la musique à Lille.
Au 1er Congrès de la 2ème Internationale, en juillet 1889, salle Pétrelle à Paris, elle fut
diffusée par les délégués marxistes français, les guesdistes.

L’Internationale devint l’hymne du mouvement ouvrier mondial au congrès d’Amsterdam, en 1904.

Le Temps des cerises, 1866/1868
Temps des Cerises    J B Clement

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur !


Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l’on s’en va deux, cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles…
Cerises d’amour aux roses pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang…
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d’amour,
  Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai point sans souffrir un jour…
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des peines d’amour !

J’aimerai toujours le temps des cerises :
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
  Une plaie ouverte !
Et dame Fortune, en m’étant offerte,
Ne pourra jamais fermer ma douleur…
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !

J.-B. Clément.

Drapeau rouge, 1870

Vois cet humble drapeau, porté par ta victime…
Meurtrier, sois épouvanté !
Ne baisse pas les yeux, grand artisan du crime,
Devant ce linge ensanglanté :
Ce linge est sa rude chemise
Que ton égoïsme a rougi…
Au bout d’une hampe il l’a mise…
Et l’homme du peuple a rugi !

Refrain:

Quand l’ère du sang sera close,
Nous changerons notre drapeau,
Et l’étendard de couleur rose
Guidera le monde nouveau !


Oui, ce drapeau rougi qui vous présage un gouffre
Où doit s’abîmer votre rang,
Ne fut pas fabriqué par le peuple qui souffre…
Il l’a ramassé dans son sang !
Il le tient – car les temps sont proches –
Le bras ferme, le front songeur,
Au devant de vos cœurs de roches !
Dressé comme un spectre vengeur…

Refrain

En voyant ce drapeau qui fut teint par vos œuvres,
Exploiteurs, prêtres et bourgeois,
L’effroi qui vous saisit dénonce vos manœuvres,
O bas restaurateurs de rois !
L’heure n’est plus aux noirs mensonges :
Le simple les voit au soleil !
Vos projets ne sont que des songes…
N’entendez-vous pas le réveil ?

Refrain

L’impudeur en tout temps fut commère du vice ;
Aussi, ne nous étonnons pas
De les voir aujourd’hui, sans aucun artifice,
Mentir et descendre si bas !
Ceux dont le sang rougit la terre
Sont appelés ROUGES par eux…
Ceux qui souffrent d’un bas salaire
Sont appelés des PARTAGEUX…

Refrain

Peuple, qu’es-tu ? le Droit ; peuple, qu’es-tu ? le Nombre
Et cependant on t’a dompté…
Le marchand qui te tond, qui trafique dans l’ombre,
A pâli quand il t’a compté…
O peuple, à la France meurtrie,
La République vient s’offrir,
Conserve-la pour ta patrie,
Que les rois n’ont su que meurtrir !

Refrain

Le drapeau de Sedan est recouvert de honte ;
Et c’est celui de Mentana !
Un mort de Montretout entre ses dents raconte
Qu’un crâne d’Aubin le tacha…
Oh ! Que de sang mêlé de fange ! ! !
Pour marcher vers des temps meilleurs,
Il faudra bien que l’on se range
Sous l’étendard des TRAVAILLEURS.

Refrain

Soldats ! qu’un sang bien cher ne teigne pas vos armes !
Frères, verrez-vous sans effroi
Vos pères massacrés et vos mères en larmes…
Et le rire aux lèvres d’un roi !…
Le fauteur de guerres civiles,
Le mouchard, le fusil en main,
Viendrait piller vos domiciles !
Sous l’habit du Républicain…

Refrain

Citoyens et soldats, veillez avec prudence :
Le monarchisme, qui s’éteint,
Peut en se débattant, dans sa mort qui commence,
Serrer la main qui nous étreint…
Notre patrie est en souffrance ;
Restez unis, c’est être fort.
N’oubliez pas que, pour la France,
C’est la République… ou la mort !


Quand l’ère du sang sera close,
Nous changerons notre drapeau,
Et l’étendard de couleur rose
Guidera le monde nouveau ! 

                                                                              Justin Bailly

La Canaille, 1865

Rosa Bordas

Rosa martin    Rosa Bordas rouge du midi

Rosa Bordas, 1840-1901

Rosa Martin chante

The Illustrated London News

Spectacle donné par Rosa Bordas aux Tuilleries

Née Marie-Rosalie Martin à Monteux, un village du Ventoux près d’Avignon, elle chante, encore enfant, lors des fêtes votives dans «  Le café des Rouges  » familial, La Marseillaise aussi bien que les cantiques.

Elle est remarquée par Frédéric Mistral et se marie avec Eugène Bordas, un musicien ambulant qui l’accompagne à la guitare à travers toutes les grandes villes du midi jusqu’à Bordeaux.

Elle chante les chansons jusque là interdites dont La Canaille écrite en 1865 et reprise en chœur aux funérailles de Victor Noir par 10 000 personnes. Elle a une voix puissante et chaude, et surtout, elle se met en scène, n’hésitant pas à se costumer ou à prendre la pose avec le drapeau tricolore comme une Marianne. Elle déchaîne l’enthousiasme et le jeune couple se fait engager à Paris en janvier 1870, au Grand concert parisien (GCP), puis très vite, celle que l’on n’appellera plus que « La Bordas » se produit dans les plus grandes salles parisiennes.

Paroles de La Canaille :

Dans la vieille cité française
Existe une race de fer
Dont l'âme comme une fournaise
A de son feu bronzé la chair.
Tous ses fils naissent sur la paille,
Pour palais ils n'ont qu'un taudis,

C'est la canaille, eh bien j'en suis.

Ce n'est pas le pilier de bagne,
C'est l'honnête homme dont la main
Par la plume ou le marteau gagne
En suant son morceau de pain.
C'est le père enfin qui travaille
Les jours et quelquefois les nuits,
C'est la canaille, eh bien j'en suis.

C'est l'artiste, c'est le bohème
Qui sans souffler rime rêveur,
Un sonnet à celle qu'il aime
Trompant l'estomac par le cœur.
C'est à crédit qu'il fait ripaille,
Qu'il loge et qu'il a des habits,
C'est la canaille, eh bien j'en suis.

C'est l'homme à la face terreuse,
Au corps maigre, à l'œil de hibou,
Au bras de fer, à main nerveuse,
Qui sortant d'on ne sait pas où,
Toujours avec esprit vous raille
Se riant de votre mépris,
C'est la canaille, eh bien j'en suis.

C'est l'enfant que la destinée
Force à rejeter ses haillons
Quand sonne sa vingtième année,
Pour entrer dans nos bataillons.
Chair à canon de la bataille,
Toujours il succombe sans cri,
C'est la canaille, eh bien j'en suis.

Ils fredonnaient la Marseillaise,
Nos pères, les vieux vagabonds,
Attaquant en quatre-vingt-treize
Les bastilles dont les canons
Défendaient la muraille
Que de trembleurs ont dit depuis
"C'est la canaille, eh bien j'en suis"

Les uns travaillent par la plume,
Le front dégarni de cheveux,
Les autres martèlent l' enclume
Et se saoûlent pour être heureux
Car la misère en sa tenaille
Fait saigner leurs flancs amaigris,
C'est la canaille, eh bien j'en suis.

Enfin c'est une armée immense
Vêtue en haillons, en sabots
Mais qu'aujourd'hui la vieille France
Les appelle sous ses drapeaux
On les verra dans la mitraille,
Ils feront dire aux ennemis
"C'est la canaille, eh bien j'en suis".

                                                               Alexis Bouvier

Messieurs les conservateurs,
Vous le grand parti de l’Ordre,
Procédons, plus de lenteur !
L’hydre peut encor nous mordre.
On a pris Paris et huit jours durant
Par la mitrailleuse on sut faire grand,
Taper dans le tas, c’était à se tordre,
Mais fallait finir comme on commença.
Fusillez-moi ça !
Fusillez-moi ça !
Pour l’amour de Dieu, fusillez-moi ça !


Dans les premiers jours d’exploit
On n’a pas manqué de touches,
Quand on relit le Gaulois,
L’eau vous en vient à la bouche.
Parlez-moi des gens comme Galliffet :
Avec la canaille, il va droit au fait,
Mais l’esprit public d’un rien s’effarouche.

Bref ! Dans les pontons, on les entassa !…
Fusillez-moi ça !
Fusillez-moi ça !
Pour l’amour de Dieu, fusillez-moi ça !

Dès qu’on juge, c’est gâché,
On tombe dans le vulgaire.
Ils sont en papier mâché
Vos fameux conseils de guerre !
Pourquoi les Gaveaux, les Boisdenemets,
Vous embarquez-vous dans les si, les mais ?
La peine de mort encor ce n’est guère,
Mais pas de Cayenne ou de Lambessa,
Fusillez-moi ça !
Fusillez-moi ça !
Pour l’amour de Dieu, fusillez-moi ça !

Quels lâches, que ces meneurs,
Ils ont gagné la frontière.
C’était tous des souteneurs
Et des rôdeurs de barrière,
Des joueurs de vielle et des vidangeurs.
Que d’argent trouvé sur ces égorgeurs !
C’est vingt millions qu’emportait Millière,
Enfin Delescluze était un forçat.
Fusillez-moi ça !
Fusillez-moi ça !
Pour l’amour de Dieu, fusillez-moi ça !

Quoi ! Rochefort qui traita,
Dans ces immondes sornettes,

Un illustre homme d’Etat,
De vieux serpent à lunettes !
L’homme à la Lanterne, un esprit cassant,
Marquis journaliste et buveur de sang,
Quoi, vous le tenez dans vos mains honnêtes,
Ce petit monsieur qui nous agaça.
Fusillez-moi ça !
Fusillez-moi ça !
Pour l’amour de Dieu, fusillez-moi ça !

Les petits sont pétroleurs
Dans le ventre de leur mère ;
Pour supprimer ces voleurs
Nul moyen n’est trop sommaire.
Exemple : à Montmartre un mâle étant mort,
La femelle en pleurs s’élance et nous mord ;
Bien qu’elle fût pleine, on prit la commère :
A faire coup double, elle nous força.
Fusillez-moi ça !
Fusillez-moi ça !
Pour l’amour de Dieu, fusillez-moi ça !

                                                                            Eugène Pottier

Vive la Commune !, 1871

Je suis franc et sans souci ;
Ma foi, je m’en flatte !
Le drapeau que j’ai choisi
Est rouge écarlate.
De mon sang, c’est la couleur
Qui circule dans mon cœur.
Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !

Oui, le drapeau rouge est bien
Le plus bel emblème
De l’ouvrier citoyen ;
C’est pourquoi je l’aime.
L’étendard du travailleur
Sera toujours le meilleur. —
Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !


Je n’aime point les méchants,
Ni les bastonnades ;
Mais j’aime tous les enfants,
Pour mes camarades.
Lorsque je joue avec eux,
Nous chantons, le cœur joyeux :
Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !

La Commune, savez-vous,
Petits téméraires,
Ce que c’est ? Écoutez tous :
C’est de vivre en frères,
Et lorsque nous serons grands
Nous combattrons les tyrans.
Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !


Afin d’affirmer les droits
De la République,
Il nous faut vaincre les rois
Et toute leur clique.
Plus de bon Dieu, de Jésus !
Des prêtres… il n’en faut plus !
Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !

Quand les temps seront venus,
Aucune famille
N’aura plus d’enfants pieds-nus,
Traînant la guenille.
Tout le monde aura du pain,
Du travail et du bon vin.
Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !

                                                                        Eugène Chatelain.

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discographie chants de la Commune 

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