Mots clés :

Valloton, Verdun, Le cri de Paris, c'est la guerre, illustrateur, graveur, peintre, 

Félix Valloton 1865 - 1925

Peintre suisse, naturalisé français en 1900, il arrive à Paris en 1882. A la charnière des XIXe et XXe siècle, surtout connu pour ses gravures sur bois, il est proche lui aussi du mouvement des Nabis. Lorsque la guerre éclate, il n’est pas mobilisable et décrit dans son journal au fil des mois son sentiment d’inutilité. Dès fin 1914, il participe à la publication collective La Grande Guerre par les artistes en fournissant principalement des portraits dont des dessins préparatoires sont conservés à la BDIC. En 1915- 1916, il réalise seul un album de six bois gravés intitulé « C’est la guerre ! » où il évoque les tranchées, la barbarie ennemie, les civils terrés dans les caves.

A la différence de M. Denis, quand il participe à la mission de 1917, il a donc déjà largement engagé sa réflexion sur la manière dont il pouvait représenter le conflit en cours. Avec Lebasque et Piot, il part du 7 au 23 juin 1917 en Champagne et Argonne. Sur place, il tient son journal et fait quelques croquis qu’il entend développer ensuite en tableaux (Châlons-sur-Marne, Souain, Les Hurlus entre autres). Soumis à des délais très brefs par l’État, il réalise avec difficulté plusieurs toiles au mois de juillet et se plaint du manque de temps qui l’empêche d’avoir un regard distancié sur ses souvenirs. Il parvient cependant à participer à l’exposition d’octobre 1917 avec quatre toiles : Ruines à Souain, L’église de Souain en silhouette et Cratère à Souain, le soir ; Le plateau de Bolante, Le bois de Gruerie, Le four de Paris ; Tir sur les premières lignes boches et Soldats sénégalais au camp de Bailly. Le 28 novembre, il note dans son journal à propos du Cimetière militaire de Châlons : « Terminé un souvenir du cimetière militaire de Châlons, je voulais noter cette expression parfaite du carnage mathématique qui est notre ordinaire depuis trois ans. ». Du voyage de Vallotton en juin, cette toile est la plus simple, celle où n'apparaît pas la question du style et des moyens. Elle tient à la répétition d'un signe, la croix, dans la profondeur de l'espace. Le cimetière en devient infini, les croix innombrables et la mort omniprésente. Des couronnes et des palmes ornent çà et là la croix de bois. Nul nom ne peut se lire, selon une symbolique du "soldat inconnu" que Vallotton applique ici, de même que M. Denis dans Le cimetière de Benay, bien avant qu'elle ne devienne la symbolique officielle française sous l'Arc de Triomphe. Mais Vallotton n’est pas satisfait de son travail. Il publie en décembre 1917 un article, « Art et guerre », dans Les Écrits nouveaux, qui constitue un premier bilan de son expérience d’artiste missionné et de sa réflexion sur la difficulté, voire l’impossibilité, de représenter la guerre, mais aussi sur l’esthétique à adopter pour traduire ses « visions du front ». Il ironise sur son tableau « si correct et propret dans l’alignement impeccable de ses sept mille cinq cents croix ». Par ailleurs, il dénonce l’équivoque des toiles représentant les paysages et habitations dévastés : « Ce qui était une maison n’est plus qu’une ruine branlante, mais sur cette ruine le soleil joue et distribue ses rayons ; les modelés sont autres, la matière diffère, les surfaces et les angles sont modifiés ; un caillou est là qui n’y était pas ; un mur a disparu, soudain remplacé par un balancement d’arbres ; le décor s’est transformé, mais c’est encore et toujours un décor. ».

Dans son Journal il note le 12 juin : « Tout le pays est sous le feu boche, et l’aspect est sinistre […]. Très forte impression de ce coin de guerre moderne, et des acteurs, autrement solides que les piètres échantillons de l’arrière. ». Mais en décembre il constate : « On aura de bons tableaux, c’est certain, mais d’agrément pur, et fragmentaires. » Dans la vue d’un cimetière, le peintre est contraint de commémorer les morts, sans rien montrer des de la cause de tant de tombes alignées. Vallotton continue cependant de travailler sur ce thème au-delà des obligations contractées dans le cadre de la mission et peint encore plusieurs tableaux de guerre dont Verdun.

 Valloton portrait

Autoportrait, huile sur carton, 1893, musée d’Orsay, Paris
Valloton self portrait

Autoportrait, 1891

valloton portrait 1914

Autoportrait à la robe de chambre, 1914

Verdun, 1917

Verdun, tableau de guerre interprété, projections colorées noires bleues et rouges terrains dévastés, nuées de gaz, 1917. Huile sur toile. H. 114 ; L. 146 cm. Musée de l'Armée, Paris.

Valloton Verdun

En décembre 1917, Vallotton, pour peindre la bataille la plus meurtrière de toute la Grande Guerre, tente une expérience picturale où le symbole de la résistance de l’armée française à l’invasion ennemie apparaît sous une forme quasi abstraite. Je termine mon Verdun, essai d’expression par des droites, ce qui ne veut pas dire cubisme, mais représenter des forces n’est pas commode et la droite s’indique elle-même pour ces tentatives, note l’artiste dans son journal tandis que son article, Art en guerre, rejoint la réflexion menée dans Verdun.

Que représenter dans tout cela ? Pas l’objet, bien sûr, ce serait primaire, encore qu’on n’y manquera pas, et cependant un Art sans représentation déterminée d’objet est-il possible ? Qui sait ! ...Peut-être les théories encore embryonnaires du cubisme s’y pourront-elles appliquer avec fruit ? Dessiner ou peindre des « forces » serait bien plus profondément vrai qu’en reproduire les effets matériels, mais ces « forces » n’ont pas de forme, et de couleur encore moins. ». La longueur du titre pourrait être une manière de légitimer par les mots la métamorphose de son style. Il représente un champ de bataille en proie au déluge dont l’espace est structuré de façon géométrique. La composition s’organise autour de faisceaux lumineux colorés se croisant au dessus de flammes et de nuées de gaz en formant des triangles, tandis que sur la gauche s’abattent les lignes obliques de la pluie. La vision d’ensemble est celle d’un paysage de guerre où s’affrontent des forces antagonistes, la violence des intempéries et celle des hommes qui se battent. Le tableau concentre visuellement le déchaînement des moyens mis en œuvre pour détruire l’adversaire, la violence extrême des combats provoquant la désagrégation du paysage et l’effacement de l’humain derrière la machine. Le peintre ne cherche pas à rendre compte des instants décisifs du combat mais à donner une image synthétique de la guerre, d’où toute présence humaine a disparu. En 1919, chez Druet, Vallotton expose Verdun en compagnie de 1914... Paysage de ruines et d’incendies rebaptisé La Marne et de L’Yser, autre paysage dans le style de ceux de Champagne, comme si ces différentes façons de représenter la guerre étaient également acceptables ou également incomplètes. «Voilà bien la guerre des machines et de la science sans les éléments de pittoresque chers à la peinture militaire d’autrefois. Par des volumes savamment juxtaposés et des grands pans colorés, Vallotton fixe les aspects infernaux du combat moderne ; sombres volutes, flammes géantes, fusées tragiques, bouillonnements de gaz jaunâtres, telle est l’oeuvre que lui suggère le nom légendaire de Verdun.

Le Crapouillot, 1er avril 1919

C'est la guerre !

Série de gravures sur bois, 1915-1916, conservée au MOMA de New York.

  Valloton c'est la guerre

Valloton la tranchée

La tranchée, 1915

Valloton fils de fer

 Les fils de fer, 1915

Valloton dans les ténèbres

 Dans les ténèbres, 1916

Valloton le guetteur

 Le guetteur, 1916

Valloton les civils

 Les civils, 1916

Valloton l orgie

 L'orgie, 1915

 Paysages de guerre

 Eglise de Souain 1917

 Eglise de Souain en silhouette, 1917

 Eglise des Hurlus en ruines

 Eglise des Hurlus en ruine, 1917

 Valloton paysage de ruines et incendie 1914

 Paysage de ruines et d'incendies, 1915

 Valloton bois de la Gruerie 1917

 Le Bois de la Gruerie et le ravin des Meurissons, 1917

Valloton homme poignadé

 L'homme poignardé, 1916

 Valloton cimetière de Chalons sur marne

 Cimetière de Châlons sur Marne, 1917

 Autres estampes

  Valloton le mot de la fin

  Valloton la charge

 La Charge, 1893

Valloton l'excécution

 L'Excécution, 1894

 Valloton l enterrement

 L'enterrement

Valloton vingt ans

 Valloton l anarchiste

Valloton Joyeux quartier latin

 Le joyeux quartier latin, 1895

Valloton le bain

Valloton le coup de vent

Valloton couplet patriotique

 Valloton Paris intense

Valloton la rixe

 La rixe

Vallotton l accident

Vallotton les petites filles

    Valloton promenade à Honfleur

 Promenade à Honfleur 

valloton 100

 Souvenir des Andelys, 1916

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Honfleur dans la brume, 1911

Vallotoon effet de lampe

 Effet de lampe 

Valloton sous bois

 Sous bois

Vallatton, illustrateur

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 Valloton Cri de Paris    Vallotton le Cri4

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   Vallotton le jour de boire   Vallotton assette

 Vallotton l abatoir

Vallotton ma religion  Vallotton 20 ans après

Discours de bienvenue  Vallotton 24 heures

  Vallotton vache     Vallotton pisser sur nos murs

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 Voir les liens :

 http://www.photo.rmn.fr/Vallotton