Mots clés :

Pologne, Jozef Pilsudski, Roman Dmowski, Brest-Litovsk, Józef Poniatowski,

Affiche armée de Pologne

 Affiche américaine invitant les Polonais à s'engager dans les troupes qui combattent au sein de l'armée française avec l'uniforme français mais sous drapeau polonais.

 Carte de Pologne 1920

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pologne illustré

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 pologne nation

Pologne Varsovie

Été 1918, après la paix séparée de la Russie bolchévique avec l’Allemagne, la France, victorieuse sur le champ de bataille mais épuisée, se cherche contre l’Allemagne un allié de revers ; l'entente franco-polonaise reprend de la vigueur. Louvoyant entre diplomatie et soutien armé, les Français réinstallent la Pologne en tant que pays souverain et force militaire.

Paris, été 1918. Alors que les armées allemandes, après avoir bousculé les armées alliées, ont été brutalement arrêtées lors de la deuxième bataille de la Marne, le gouvernement, les diplomates et les militaires se demandent avec inquiétude comment parvenir à assurer la sécurité future de la France. Leurs réflexions, rythmées depuis la fin de 1917 par la prise de pouvoir des bolcheviques en Russie, l’annonce des Quatorze points de Wilson, et les traités de Brest-Litovsk, évoluent jusqu’à la signature de l’Armistice puis pendant la Conférence de la Paix. Elles demeurent marquées par un phénomène central : la France victorieuse sur le champ de bataille est également épuisée.

Le traumatisme de la guerre et la peur du lendemain qu’il engendre deviennent des éléments déterminants de sa pensée géopolitique. C’est ce qui pousse la France de Clemenceau à chercher, pour assurer sa sécurité, à affaiblir l’Allemagne, à obtenir des alliés britannique et américain des « garanties » et enfin à identifier, en Europe centrale et orientale, un ou des alliés de revers qui puissent remplacer l’allié russe défaillant. La Pologne occupe, dans ces réflexions, une place centrale.

Elles s’étendent de mars 1917 à février 1921. Le 29 mars 1917, le gouvernement provisoire russe annonce, qu’à la suite de la Finlande, la Pologne peut accéder à l’indépendance. Le 19 février 1921, France et Pologne signent, à Paris, un accord politique assorti d’une convention militaire secrète qui fait de la Pologne l’allié de revers espéré, et inversement. 

La renaissance de la Pologne… en France en 1917

Depuis les années 1890 et la signature de la convention militaire qui unit la France à la Russie, la simple évocation de la question polonaise est interdite en France. Pour Saint-Pétersbourg, c’est une affaire de politique intérieure russe. La France n’a pas à s’en mêler. Et la France ne s’en mêle pas à l’image d’un Anatole Leroy-Beaulieu qui écrit dans la Revue des Deux Mondes que « […] la question polonaise [est] considérée comme ayant cessé d’exister ».

Le temps où un Jules Michelet écrivait, à l’issue de la première conférence prononcée au Collège de France par Adam Mickiewicz, le 22 décembre 1840 : « les yeux [d’Adam Mickiewicz], ensanglantés lançaient de sublimes éclats et nous autres, Français, nous fondions en larmes. Jamais je n’ai vu de tels éclats et ceux-ci resteront toujours dans la mémoire », semble à jamais révolu, tout comme le souvenir de Marie Leczinska, reine de France, ou du maréchal d’Empire Józef Poniatowski dont le nom est gravé sur l’Arc de Triomphe. Il n’en est rien. L’empreinte laissée par plusieurs siècles de relations entre les deux nations et les deux peuples réapparaît avec vigueur en seulement quelques semaines au cours du printemps de 1917. Retrouvant ses racines dans le temps long, elle met également en évidence les intérêts directs qu’y trouvent les Français au cours de cette année terrible de la guerre.

Ceux qui s’intéressent les premiers à la question polonaise sont les militaires. Ils y voient la possibilité de recruter des combattants dont la vaillance jalonne l’histoire de France et ainsi de pallier, dans une certaine mesure, la crise des effectifs qui mine l’armée française. Les premiers rapports qui en émanent évoquent la possibilité de recruter environ 200 000 Polonais, dont quelque 3 000 seraient fournis par la France, les autres provenant « des diverses sociétés de Sokols, notamment des sections de cette société qui sont aux Etats-Unis ».

Peu après, la question polonaise surgit sur le devant de la scène politique lorsque, le 4 juin 1917, Raymond Poincaré signe le décret de création « en France, pour la durée de la guerre, d’une armée polonaise autonome, placée sous les ordres du haut commandement français et combattant sous le drapeau polonais ». Ce décret est intéressant à plusieurs titres. On peut en premier lieu remarquer que dans le rapport au président de la République qui le précède, Alexandre Ribot ménage la Russie autant qu’il soutient les Polonais. Force est ensuite de constater qu’il devance les Alliés en conférant une matérialité tangible à une idée partagée. Dorénavant le soldat polonais combat en France sous les plis de son drapeau national. Le gouvernement français franchit un pas supplémentaire lorsqu’il reconnaît, le 20 septembre suivant, le Comité national polonais (CNP) de Roman Dmowski comme « l’organisme qui doit, à l’encontre des vaines tentatives des empires centraux, préparer l’organisation du futur Etat polonais souverain et indépendant ». Ce faisant, il laisse les Alliés à la traîne.

Les Britanniques et les Italiens lui emboîtent le pas en octobre et les Américains en décembre. Qui plus est, alors que Londres et Washington se bornent à reconnaître officiellement l’existence du CNP, Paris et Rome mentionnent explicitement la renaissance d’une Pologne indépendante et souveraine ; même Wilson, dans le treizième de ses Quatorze Points, demeure moins catégorique : « An independent Polish state should be erected… ».

La Pologne qui renaît à Varsovie en novembre 1918 n’est pas celle de Roman Dmowski mais celle de c que les Allemands ont libéré le 8 novembre de la forteresse de Magdebourg et qui est proclamé, dans les jours qui suivent, commandant en chef et chef de l’État.  Cela modifie-t-il fondamentalement la donne géopolitique pour la France ? Non, mais cela accroît les obstacles à surmonter car il faut maintenant se concilier un nouvel acteur, Jozef Pilsudski, tout en continuant à soutenir Dmowski et sans négliger l’opposition britannique.

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https://www.lhistoire.fr/pologne-1918%C2%A0-un-enjeu-strat%C3%A9gique-pour-la-france

Renaissance de la Pologne

Jozef Pilsudski

Jozef Pilsudski, au centre

En 1935. le maréchal Jozef Pilsudski, qui dirigea l'État polonais entre 1918 et 1922, puis à partir de 1926, mourait à Varsovie, désespérant ceux qui voyaient s'effondrer avec lui le dernier rempart, en Europe centrale et orientale, contre le nazisme et le communisme alors en pleine expansion. Personnage dont l'ambiguïté nourrit encore les polémiques, Jozef Pilsudski est peu connu en France. Dictateur pour les uns, homme providentiel pour les autres, quel a été son véritable rôle politique dans la Pologne de l'entre-deux-guerres ?

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 https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%B3zef_Pi%C5%82sudski